428 SUR LA CAUSE
Cependant, la densité de l’air étant fort petite , on peut aisé-ment s’assurer que, dans le cas présent , la différence de pe-santeur des colonnes serait presque nulle ; et comme l’effet quidevrait en résulter pourrait être anéanti par l’adhérence mu-tuelle des parties de l’air , j’ai cru qu’il ne serait pas inutile derésoudre d’a’dord le problème sous ce point de vue , c’est-à-dire de regarder chaque particule de l’atmosphère comme unpoint unique et isolé , en négligeant la différente pesanteurdes colonnes. On trouve fort aisément que dans cette suppo-sition il peut y avoir sous l’équateur un vent d’est continuel.Mais ce phénomène si singulier devient une conséquence encoreplus immédiate des calculs , lorsqu’on envisage la question avectoutes ses circonstances , et qu’on a égard à l’action mutuelledes particules de l’air. On explique alors avec facilité, par lesecours d’une simple formule géométrique , non-seulement levent d’est de la zone torride , mais encore les vents d’ouestdes zones tempérées, etlesviolens ouragans, qui, selon l’obser-vation des navigateurs , sont fort fréquens entre les tropiques àcertaines latitudes.
Au reste , quoique dans cette recherche j’aie supposé l’airhomogène , ce qui est le cas le plus simple de la question pro-posée , cependant le problème est si compliqué , mcn^e dansce cas , qu’il m’a paru difficile de le résoudre sans le secoursdu principe général dont j’ai parlé plus haut : de plus , leséquations analytiques auxquelles je suis arrivé , paraissentde nature à ne pouvoir être résolues que par des approximations ;mais ces approximations donnent des résultats assez exacts,principalement pour les endroits qui sont, ou proches des pôles,ou peu éloignés de l’équateur.
La détermination de la vitesse du vent devient encore plusembarrassante, lorsqu’on suppose l’atmosphère telle qu’elle esten effet, c’est-à-dire , composée de couches qui se comprimentles unes les autres par leurs poids, et dont la densité diminue àmesure qu’elles s’éloignent de la terre. Comme la loi suivantlaquelle se fait leur compression est encore inconnue, j’ai crudevoir déterminer les vents dans le cas général où les densitéssuivraient une loi quelconque, et j’ai joipt à ma solution diffé-rentes remarques sur la loi des densités, qui est aujourd’hui leplus généralement admise.
Jusqu’ici j’ai regardé la terre comme un globe entièrementsolide, dont la surface serait unie, et immédiatement contiguëà l’atmosphère. Mais l’académie de Berlin demande expressé-ment , par son programme, l’ordre et le cours des vents, dansle cas où la terre serait couverte d’un profond Océan ; et cette