DES ÉQUINOXES. 43ç>
Imaginons que la terre soit une masse sphérique , divisée endeux hémisphères par un plan perpendiculaire à l'écliptique,qui joigne les centres de la terre et du soleil, et que le soleilseul agisse sur cette masse en attirant les parties qui lacomposent;il est certain que l’action de cet astre sur les deux hémisphèressera parfaitement semblable, en quelque point que la terre setrouve sur l’orbite qu’elle décrit. Ainsi, dans cette hypothèse,l’axe de la terre conservenait toujours une situation constalite,c’est-à-dire, demeurerait toujours parallèle à lui-même durantla révolution de la terre autour du soleil. Mais on sait, parlesobservations, que la terre est un spliéroïde'aplati, et la théoriede la gravitation concourt même avec les mesures actuelles à luidonner cette figure. Ainsi, pour changer notre globe en un sphé-roïde de cette forme, supposons qu’il soit recouvert d’une espèced’enveloppe solide dont l’épaisseur aille en augmentant depuisles pôles jusqu’à l’équateur ; il est évident que, tandis que laterre parcourt son orbite, un plan perpendiculaire à l’écliptiquequi joindrait les centres de la terre et du soleil, diviserait notresphéroïde en deux portions, qui seraient à la vérité semblableset égales, mais qui ne seraient point placées de la même manièrepar rapport à ce plan, excepté lorsque l’axe de la terre se trou-verait dans le plan même; d’où il est aisé de voir que, dans lecas du sphéroïde, l’action du soleil sera différente sur les deuxmoitiés de la terre, et déjà l’on doit entrevoir que cette inégalitéproduira dans l’axe terrestre un mouvement de rotation-, commeil arrive à une verge dont les deux parties sont poussées avec desforces différentes ou différemment appliquées.
Pour déterminer le mouvement de rotation dont nous venonsde parler, Newton suppose que la masse de toute l’enveloppeextérieure du globe soit , pour ainsi dire , resserrée et réduite àun seul anneau très-mince et très-dense, placé dans le plan del’équateur, et qui environne la terre à peu près comme on voitl’horizon'dans nosglobes terrestres. Ensuite, faisantabstraclionduglobe , il imagine que les particules dont l’anneau est composé ,soient une infinité de petites lunes adhérentes entre elles, et qui,entraînées par le mouvement diurne des points de l’équateur,tournent en un jour autour du centre de la terre à la distancede son demi-diamètre. Newton trouve par la théorie de l’attrac-tion que les nœuds de ces petites lunes , c’est-à-dire les pointsd intersection de leur orbite , ou , ce qui revient au même , de1 anneau , avec le plan de l’écliptique , devraient rétrograderchaque année d’orient en occident d’environ 45,’. Voilà quel se->ait, selon ce grand géomètre, le mouvement des points équi-noxiaux , si l’enveloppe dont nous avons parlé était réduite à un