442 SUR LA PRÉCESSION
ne sont autre chose que la différence de l’attraction de ces astressur le centre de la terre et sur ses parties extérieures. Ellès sontdonc entièrement analogues à celles qui produisent le flux etreflux de la mer; car le mouvement des eaux de l’Océan vientde ce que les différentes parties de la terre sont attiVées vers le so-leil et vers la lune avec une force plus ou moins grande que soncentre. C’est aussi par des observations choisies de la hauteur desmarées , que Newton détermine le rapport de la force du soleil àcelle de la lune, et qu’il trouve que là seconde est environ qua-druple de la première. Cette méthode , qui est la seule dont cegrand philosophe"'ait pu faire usage , est très-ingénieuse , tantpar elle-mêrqe que par la manière dont son illustre auteur l’aemployée. Mais on doit convenir, ce me semble, qu’elle a quel-que chose d’un peu vague. La profondeur et la figure des côtes,lesrffents ét les courons , altèrent tellement la hauteur des ma-rées, qu’il n’y a peut-être pas deux endroits sur la terre oh ellesoit exactement la même. Aussi Daniel Bernoulli trouve-t-il, pard’autres observations qu’il prétend mieux choisies et plus exactes,que la force dé la lune est à celle du soleil, connue 5 est à 2 ; cequi réduirait le mouvement annuel des points équinoxiaux àmoins de 35" , en conservant d’ailleurs toutes les autres liypo-thèfês de Newton. R me semble que bien loin de déterminerla précession des équinoxes par un rapport si incertain des deuxforcer, il serait bien plus sûr de trouver ce rapport par le moyende la quantité observée de la précession et des monvemens con-nus de l’axe de la terre. C’e?l ce que nous examinerons un peuplus bas.
Jusqu’ici, les objections que nous avons osé faire à Newton netombent que sur des hypothèses incertaines, ou tout au plus surdes erreurs de fait, qu’il 11 ’était pa^ài portée de corriger, ni mêmede'connaître. Riais voici, ce nffe semble, une méprise plus réelle :c’est celle oh il paraît tomber, en calculant le mouvement quel’action du soleil doit produire dans l’axe de la terre. Je ne croispas que le mouvement de l’enveloppe extéi'ieure du globe, etcelui de l’anneau auquel on a réduit cette enveloppe , doiventetre entre eux comme les forces qui les animent, ainsi que New-ton semble le supposer; il est nécessaire, pour détermine? le rap-port de ces mouvemens, d’avoir égard à la figure des masses quelespuissances ont à mouvoir. Car, quoique les massessoient égales,elles sont cependant formées de parties différemment disposées,et on ne peut déterminer le mouvement de la masse totale, sansconnaître le mouvement isolé, pour ainsi dire, de chacune de cesparties. Qu’une force quelconque agisse sur un levier dont toutela masse soit ramassée à une de ses extrémités, il est facile de voir