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Tome premier.
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DES ÉQUINOXES. 44 1

quelle retenue, et, pour ainsi dire, avec'quelle superstition ondoit juger les grands hommes &

Avant que d’entrer là-dessus dans aucun détail, je crois de-voir faire une observation qui ne sera peut-être pas jugée inutile.Newton regarde l’anneau qui environne la terre, comme com-posé de petites lunes, et il prend pour hypothèse que le mou-vement des nœuds de cet anneau Serait le même, soit que leslunes fussentrisolées ou adhérentes les unes autres. Cette propo-sition n’est pais’, ce me semble , assez évidente pour être donnéecomme une espèce d’axîôtne, et j’avoue que j’ai eu besoin d’uncalcul assez difficile pour en reconnaître la vérité. Il e^t certainque des lunes isolées n’auraient pas toujours leurs centres placésdans un même plan ; car l’attraction du soleil sur cé'S lunes étantdifférente selon leur différente situation, le ‘mouvement de leursnœuds varierait suivant la position ou chaque lune se trouveraitpar rapport à son nœud ; au lieu que le mouvement des nœudsde toutes les lunes serait parfaitement le même , si elles for-maient un anneau solide. Ainsi la solidité de l’anneau doit né-cessairement influer sur le mouverrfent des nœuds de chaque luneprise séparément ; il est vrai qu’elle n’altère paVle mouvementmoyen , qui est le seul dont Newton veut parler. Mais quoiqueson hypothèse soit vraie , n’étâit-on pas en droit d’en exiger unedémonstration? personne, que je sache, ne l’avait encore don-née , et je me flatte qu’on contiendra , après avoir vu la mienne,que cet endroit de Newton avait ai^moins besoin d’être expli-qué. Mais je n’insiste pas sur une observation aussi légère. Lesremarques qui suivent me paraissent un peirplus importantes.

En premier lieu , ce grand géomètre suppose que la terre esthomogène, et que la différence dés axesjest ; or cet hypo-thèse n’est point conforme aux observations de la figure de laterre , qui paraissent adoptées par les plus célèbres éstroîTomes ;car suivant ces observations, la différerfce des axes est d’envi-ron , et, ce qui en est une conséquence nécessaire, la terren’est pas un sphéroïde entièrement homogène. J’avoue que cetteerreur, si c’en est une, ne pouvait être connue de Newton, etne saurait par conséquent lui être imputée ; car ce n’est que de-puis trèsvpeu d’années qu’on a pu déterminer le vrai rapport desaxes de la terre. Mais je crois qu’on doit avouer aussi que le peude certitude de l’hypothèse rend la théorie suffisante. On verramême, dans un moment, que cette hypothèse doit donner, sui-vant mon calcul, un résultat fort différent de celui de Newton.

En second lieu , il me semble qu’on peut former quelquesdoutes sur le rapport établi par Newton entre les forces que lesoleil et la lune exercent sur la terre. Les forces dont il s’agit ici