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Tome premier.
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46a SUR LE CALCUL DES PROBABILITÉS.

méritent que je les lise ou que je leur réponde, combattent ouappuient les nouvelles vues que je propose sur le calcul des pro-babilités.

P. S. En finissant cet écrit, je tombe par hasard sur l’articleFatalité du dictionnaire Encyclopédique, article qu’on recon-naîtra aisément pour l’ouvrage d’un homme d’esprit et d’unphilosophe; et voici ce que j’y trouve, à propos du prétendubonheur ou malheur dans le jeu. « Ou il faut avoir égard aux» coups passés pour estimer le coup prochain , ou il faut consi-» dérer le coup prochain, indépendamment des coups déjà» joués; ces deux opinions ont leurs partisans. Dans le premier» cas , l’analyse des hasards me conduit à penser que si les» coups précédens m’ont été favorables , le coup prochain» me sera contraire ; que si j’ai gagné tant de coups, il y a» tant à parier que je perdrai celui que je vais jouer, et vice» vend. Je ne pourrai donc jamais dire : je suis en malheur ,» et je ne risquerai pas ce coup-là; car je ne pourrais le dire>•■ que d’après les coups passés qui m’ont été contraires ; mais>> ces coups passés doivent plutôt me faire espérer que le coup» suivant me sera favorable. Dans le second cas, c’est-à-dire,» si on regarde le coup prochain comme tout-à-fait isolé des» coups précédens, on n’a point de raison d’estimer que le coup» prochain sera favorable plutôt que contraire, ou contraire» plutôt que favorable; ainsi on ne peut pas régler sa conduite» au jeu, d’apres l’opinion du destin , du bonheur, ou du mal-» heur. »

De ce passage je tire deux conséquences. La première, que,suivant l’auteur de cet excellent article , on peut se partager surla question, s’il est également probable qu’un effet arrive oun arrive pas, lorsqu’il est déjà arrivé pulsieurs fois de suite. Oril me suffit que cela soit regardé comme douteux, pour m’au-toriser à croire que l’objet de l’écrit précédent n’est pas aussiétrange que d’habiles mathématiciens l’ont imaginé. La secondeconséquence, c’est que l’analyse des hasards, telle que la con-çoit l’auteur de l’article, donne moins de probabilité aux com-binaisons qui renferment la répétition successive du meme effet,qu’aux combinaisons ou cet effet est mêlé avec d’autres. Or celane £e peut dire que de l’analyse des hasards considérée physi-quement ; car à l’envisager du seul côté mathématique, toutesles combinaisons, comme nous l’avons dit, sont également pos-sibles. Je croîs donc pouvoir regarder l’auteur de l’article Fata-lité comme partisan de l’opinion que j’ai tâché d’établir; et unpartisan de ce mérite me persuade de nouveau que cette opinionn’est pas une absurdité.