^ SUR L’INOCUI.ATION. 491
exactement quel est le rapport entre la partie du genre humainqui a la petite vérole, et celle qui n’y est pas sujette. Les ino-culateurs, en prétendant que ce rapport est de 24 à 1, pourraientbien l’avoir enflé considérablement; sur 24 personnes parvenuesà un âge mûr, il est très-ordinaire d’en trouver beaucoup quin’ont pas eu la petite vérole , et qui vraisemblablement ne l’au-ront jamais. Dire que ces personnes ont peut-être eu sans lesavoir la petite vérole dans leur enfance, qu’elles l’ont peut-êtreeue dans le sein de leur mère, ce sont de ces suppositions ha-sardées , auxquelles on peut en opposer de contraires, pour lemoins aussi vraies. D’ailleurs , parmi ceux même qui croientavoir eu la petite vérole dans leur enfance, combien n’y en a-t-ilpas qui se trompent, et qui n’ont eu qu’une éruption cutanée,que les parens et les nourrices ont prise pour cette maladie?Cette erreur n’est que trop bien prouvée par tant de victimesqui succombent à la petite vérole, à laquelle elles n’ont pascraint de s’exposer, dans la persuasion qu’elles y avaient déjàpayé le tribut. On ajoute que de i 4 personnes qui naissent, ilen meurt une de la petite vérole; que de ces 14, il en meurtla moitié avant de l’avoir eue, et que par conséquent des 7 sur-vivans il en meurt un de la petite vérole ; que, de plus, sur 7personnes attaquées de la petite vérole il en meurt une ; d’oiiil s’ensuivrait évidemment que tous les hommes, ou du moinspresque tous, doivent infailliblement avoir la petite vérole, s’ilsne sont pas enlevés par une mort prématurée. Mais ces suppo-sitions, qu’il meurt de la petite vérole ■— du genre humain, et4 de ceux qui en sont attaqués, ne sont peut-être légitimes quepour la seule ville de Londres, sur laquelle ces calculs ont étéfaits ; nous avons vu que la petite vérole est beaucoup moinsmortelle ailleurs ; nous avons vu même que des médecins, par-tisans de l’inoculation , prétendent qu’on a fort grossi le dangerde la petite vérole dans les grandes villes, au moins en France.Il faudrait d’ailleurs supposer que le calcul précédent, fait pourLondres même, est également rigoureux dans toutes ses par-ties, ce qu’il n’est pas. En effet supposons, comme on l’a pré-tendu depuis quelque temps, d’après les calculs de M. Jurin,que la petite vérole naturelle emporte à Londres, non pas unseptième seulement, mais un sixième de ceux qui en sont atta-qués , et ne changeons rien d’ailleurs aux autres suppositions ,fond ées aussi, à ce qu’on prétend , sur les calculs du mêmeM. Jurin; savoir qu’il meurt de la petite vérole la quatorzièmepartie de l’espèce humaine; et que de i4 personnes il en meurt7 avant que d’avoir eu cette maladie ; il s’ensuivrait de là quedes 7 survivans, G seulement en seraient attaqués, et que par