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Tome premier.
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498 RÉFLEXIONS

saires et aux partisans de l’inoculation , la bonne foi la plusexacte dans les faits qu’ils rapportent. Le bien de l’humanité yest intéressé ; et peut-être les uns et les autres ont-ils sur ce sujetquelques reproches à se faire. Il faut avouer surtout que les ad-versaires de l’inoculation ont été jusqu’à présent fort accusésd’être peu exacts dans leurs écrits (i) , mais je ne voudrais pasnon plus répondre pleinement de l’entière sincérité de tousleurs adversaires, dans les faits qui pourraient ne leur pas êtrefavorables.

Pour nous en tenir donc, quant à présent, aux seuls faits in-contestablement avoués de part et d’autre, il ne paraît pas yavoir eu de victime bien constatée de l’inoculation , du moins àParis, qu’une jeune personne , inoculée mal à propos en 1^55,dans des circonstances critiques , et lorsque l’inoculation com-mençait à peine à être connue en France. On peut, je crois, as-surer que cette jeune personne n’aurait été inoculée, dans l’étatoù elle se trouvait, par aucun des médecins éclairés qui prati-quent aujourd’hui cette opération.

On m’écrit de Berlin que Wielïler, médecin à Magdebourg,inocule depuis dix ans la petite vérole dans tout ce duché avecun succès prodigieux ; il ne lui est pas mort un enfant, et lespaysans même lui amènent les leurs.

Monro , célèbre médecin d’Edimbourg, dit dans un ouvragequ’il a fait imprimer depuis peu que , de 5554 personnes inocu-lées dans cette ville ou aux environs, il n’en est mort que 72 ,dont 36 ont péri par des causes étrangères, par leur imprudence,ou par l’ignorance de l’opérateur. A l’égard des 36 autres per-sonnes dont Monro ne paraît pas attribuer la mort à d’autrescauses qu’à l’inoculation , il y a beaucoup d’apparence que cen’est pas uniquement sur tette opération qu’il faut en rejeter lereproche; la preuve eh est que dans l’hôpital établi à Londrespour l’inoculation , il n’est mort qu’un inoculé sur 34 o , au lieuque les 36 personnes mortes sur 5554 donneraient un sur i55 ;ce qui serait beaucoup plus fort ; d’oh on est en droit de con-clure que , si la pratique de l’inoculation était aussi connue etaussi en vogue à Edimbourg qu’à Londres, le nombre des mortsinoculés dans la première de ces deux villes aurait été beaucoupmoindre.

( 1 ) A Dieu ne plaise que je veuille taxer de mauvaise foi tons les adver-saires de la petite vérole artiGciclIe ; il en est plusieurs, entre autres MM. Hou—vart, Baron , etc., dont je connais et respecte les lumières et la probité. S’ilse trouve des faits qu’on assure être avancés légèrement dans un mémoire aubas duquel on voit leur nom , il s’ensuit seulement que ces habiles médecinsont pu être trompés; mais ceux qui les connaissent ne les soupçonnerontjamais d’avoir voulu tromper personne.