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Tome premier.
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SUR L’INOCULATION. 5oi

faut avouer de plus que , quand même le cas arriverait , ilpourrait être si rare qu’on serait autorisé à le regarder dans lapratique comme n’existànt pas. Pour être en droit de croirel’inoculation très-utile , il suffirait qu’un inoculé n’eût pas plusà craindre la petite vérole que celui qui l’aurait déjà eue natu-rellement. Or il est certain que ceux qui ont eu la petite vérolenaturelle, sont au moins rarement exposés à l’avoir une secondefois. Quand on veut savoir si quelqu’un est menacé de la pe-tite vérole , la première question qu’on fait est de savoir s’il l’adéjà eue.

Qu’on nous permette à cette occasion une réflexion Lien na-turelle ; n’est-ce pas le scandale de la médecine , de voir lespraticiens les plus employés disputer entre eux sur la question ,si onpe.ut avoir deux fois la petite vérole ? Une telle controversesuppose que cette maladie , malheureusement si commune , n’apas encore été assez Lien observée pour que les médecins con-viennent unanimement de ce qui en fait le véritable caractère.Qu’ils ignorent l’art de guérir, comme ils ne le font voir quetrop , ce n’est peut-être pas leur faute ; mais qu’après onze sièclesd’observations , ils ne soient point d’accord sur les symptômesqui la constituent, c’est ce qui est incompréhensible , et qu’ilest bien difficile de ne leur pas reprocher. Ce reproche au restene tombe, comme on doit le sentir, que sur celui des deuxpartis qui se trompe ici dans son assertion ; nous devons mêmeajouter que , dans le doute où cette dispute nous laisse , la pré-somption est pour les médecins habiles et expérimentés , quinous assurent avoir traité deux fois la même personne d’unepetite vérole bien décidée et bien caractérisée. Quoi qu’il ensoit, ces médecins même conviennent que le fait est rare, et celasuffit pour autoriser l’inoculation.

§ IV. Si Vinoculation augmente la vie des hommes.

Venons à la seconde question, si l’inoculation augmente lavie moyenne des hommes ? Cette question se réduit à savoir, sil’inoculation en nous garantissant ou absolument ou presqueabsolument de la petite vérole, n’emporte pas après elle au-cune autre maladie mortelle ou dangereuse, ne dérange pasl’économie animale par une opération forcée, et n’est pas lasource secrète d’un désordre qui doit abréger les jours ? Lesadversaires de l’inoculation prétendent que plusieurs personnes ,qui avant d’être inoculées jouissaient d’une santé parfaite, onteu depuis une santé languissante. Le fait peut être vrai surquelques unes, car il paraît qu’ou en a grossi la liste ; mais cet