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Tome premier.
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502
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5o2 réflexions

événement doit-il être attribué à l’inoculation ? C'est ce qu’ilest bien difficile de prouver, d’autant plus qu’un très-grandnombre d’autres inoculés ont joui après cette opération d’uneaussi bonne santé qu’auparavant. L’inoculation préserve de lapetite vérole, mais il n’est pas dit qu’elle doive préserver d’autresmaladies ; et combien de personnes ayant eu la petite vérolenaturelle , et en ayant été bien guéries , ont été ensuite sujettesà des infirmités qu’on aurait tort d’attribuer aux suites de lapetite vérole ?

Soyons au reste de bonne foi. Il peut se faire, et M. Monrosemble en convenir dans l’ouvrage déjà cité, que l’inoculationait été suivie quelquefois d’accidens ou d’infirmités qu’il ne pa-raissait pas qu’on pût attribuer à une autre cause. Mais outre (jueces accidens et ces infirmités sont tombés pour l’ordinaire surdes sujets déjà malsains avant l’opération , M. Monro assureque, suivant le rapport unanime de ses correspondans, la petitevérole naturelle est beaucoup plus sujette à entraîner de pareillessuites. Il reste donc à savoir si une personne bien saine, bienexaminée par un médecin sage , bien préparée enfin à l’inocu-lation , doit s’y refuser par la crainte de se voir sujette en con-séquence à quelques infirmités , fort rares , et presque toujourspassagères. Il me semble qu’un tel motif n’est pas fait pourépouvanter beaucoup. J’ajoute qu’on aura d’autant moins cesinfirmités à craindre, que le médecin auquel on se sera confiéaura plus d’expérience, et sera plus en état par conséquent deprévenir les incommodités qui pourraient survenir à la suitede l’opération. Il y a apparence qu’elles seront d’autant moinsfréquentes , que la pratique de l’inoculation se perfectionneradavantage.

Les infirmités , arrivées à la suite de l’inoculation , peuventaussi venir de ce que les malades auront été inoculés avec unepetite vérole de mauvaise espèce. Je sais que parmi les inocula-teurs qui ont pratiqué à Paris, il y en a eu qui n’ont pas étéassez difficiles , ni même assez attentifs sur le choix de la ma-tière qu’ils employaient ; et qui ayant sous les yeux , parexemple, deux enfans malades de la petite vérole, choisissaientindifféremment celui des deux qui avait une petite vérole ma-ligne confluente, ou celui qui avait une petite vérole discrèteet bénigne pour en faire la matière de leur inoculation. Je saismême, et je pourrais citer des personnes connues, inoculéespar ces médecins, lesquelles ont été en grand danger, et ont euune convalescence longue, fâcheuse et pénible. Mais je me con-tente d’exhorter les inoculateurs à se rendre attentifs à un pointde si grande importance.