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Tome premier.
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5o6 RÉFLEXIONS

l’avantage d’échapper à la petite vérole par l’inoculation ; et c’estune question que je ne veux pas décider, de savoir si la loi est endroit d’ôter cet avantage au plus grand nombre de citoyens, parl’inconvénient vraisemblablement légçr, et encore plus douteux,que quelques uns pourraient en ressentir. 11 paraîtrait au moinsjuste de faciliter, par quelque moyen, aux citoyens pauvres oupeu opulens, c’est-à-dire à la partie la plus nombreuse et la plusprécieuse de l’État, le moyen de se faire inoculer, s’ils jugenta propos de se soumettre à cette opération.

§ VIII. Autres objections peu fondées contre l’inoculation. Ce

que doivent faire les inoculateurs pour mettre leur bonne foi

entièrement à couvert.

Je n’examinerai point d’autres objections, à peu près de lamême nature que celle de la contagion prétendue; si, parexemple, il n’est pas à craindre qu’en insérant la petite vérole,on n’insère d’autres maladies. Si, dans ceux sur lesquels levirus variolique ne prend pas, il ne peut causer des maux d’uneautre espèce. L’expérience seule peut répondre à ces questions;et le peu de lumières qu’elle nous a données jusqu’à présentpour y satisfaire, ne nous a rien appris, ce me semble, de con-traire à l’inoculation, ni qui doive en détourner. De pareilsdoutes, quand ils ne sont point fondés sur des faits, doiventcéder aux probabilités si multipliées en faveur de cette opé-ration.

Il faut cependant en convenir; et pourquoi hésiterions-noussur cet aveu, dans un ouvrage où notre unique but est de cher-cher sincèrement la vérité? quelques partisans de l’inoculationse sont trop avancés dans leurs premiers écrits, quand ils ontprétendu que ceux sur lesquels l’inoculation ne prendrait pas ,ou n’auraient point en eux le germe de la petite vérole, et parconséquent ne l’auraient jamais naturellement, ou peut-etrel’auraient déjà eue. II a été bien prouvé depuis, et par leuraveu même, que des personnes inoculées en vain à plusieursreprises, ont eu ensuite la petite vérole naturelle. Sans doute ilserait à souhaiter que l’inoculation, si on peut parler de la sorte,ne manquât jamais son coup ; cependant que peut-on aprèstout inférer du très-petit nombre de faits contraires? Il en ré-sulte seulement que le très-petit nombre de ceux sur qui l’ino-culation ne réussit pas, peuvent encore craindre la petite vé-role ; mais cet inconvénient ne diminue rien des avantagesde cette opération pour ceux sur lesquels elle réussit.

On a prétendu, il est vrai, que d’habiles inoculateurs ont