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Tome premier.
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SUR L’INOCULATION. 5o 9

dangereuse, suivant l’âge, le climat, la saison, le tempéra-ment , la force , ou la faiblesse des sujets ( 1 ) ?

Combien enfin ne serait-il pas à souhaiter que le gouverne-ment ordonnât de marquer dans les registres mortuaires, au-tant qu’il serait possible , l’âge auquel chaque citoyen est mort,le genre de maladie dont il a péri, s’il a eu la petite vérolenaturelle ou artificielle, et à quel âge il l’a eue, enfin jusqu’aulieu même de sa naissance ! Cette dernière attention peut d’a-bord paraître superflue ; mais elle pourrait devenir de la plusgrande utilité, pour former au bout de plusieurs années desregistres de mortalité parfaitement exacts ; surtout si le gouver-nement ordonnait, en même temps, que lorsqu’un citoyenmourrait dans un lieu où il n’est pas né, on envoyât la note desa mort au lieu de sa naissance.

Quel pays est plus à portée que le nôtre de se procurertoutes ces lumières, par la facilité avec laquelle le souverain ypeut être obéi, par le zèle et l’activité de la nation , et par tantde sages réglemens qui ne demandent qu’à être exécutés? Fau-dra-t-il donc que sur l’inoculation, comme sur tant d’autresobjets, la France en soit réduite à tout apprendre de ses voi-sins , lorsqu’elle aurait tant de facilités pour les éclairer et lesinstruire?

CONCLUSION.

Jusqu’à ce que des souhaits si naturels s’accomplissent, voicice qu’on peut conclure des réflexions précédentes.

i°. Il y a lieu de croire qu’on ne meurt jamais de l’inocula-tion, quand elle est sagement administrée, et après un examenconvenable.

2 °. Il est extrêmement rare, pour n’en pas dire davantage,qu’un inoculé sur qui l’opération a réussi, ait repris la petitevérole.

3°. S’il n’est pas démontré en rigueur que l’inoculation aug-mente la vie moyenne des hommes, il est encore moins prouvéqu’elle la diminue ; il est même vraisemblable qu’elle doit l’aug-menter , puisqu’elle délivre, ou absolument, ou presque abso-lument, d’une cause de mort, sans qu’il soit prouvé qu’elle ensubstitue d’autres à la place.

Il faut donc bien se garder, ce me semble, d’arrêter ou de

( 1 ) Ce serait, par exemple, un fait très-singulier à constater que de savoirs’il est vrai, comme le prétendait un médecin célèbre, mort depuis quelquesannées , que tous ceux qui sont attaqués de la petite vérole, et qui ont enmême temps le mal vénérien , ne succombent point à la première de cesdeux maladies. Voyez les questions proposées aux académiciens danois, parM. Michaolis, Francfort, vj63, p. a5G.

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