SUR L’INOCULATION. 5i3
soit même inoculée, ne doit point être calculée d’après les re-gistres des hôpitaux, qui la donneraient trop forte ; attendu quedans les hôpitaux les maladies sont beaucoup plus funestesqu’ailleurs , par mille raisons, et que même certaines maladies,comme les blessures à la tête, y sont presque toujours mortelles,tandis qu’ailleurs on en guérit presque toujours; selon M. Jurin,la mortalité générale , causée par toutes les maladies , est plusgrande de trois septièmes dans les hôpitaux que dans les autreslieux. Au reste , plus la petite vérole sera bénigne dans un lieudonné, plus aussi, selon nos médecins, l’inoculation le doit être ;ainsi la raison de la pratiquer sera toujours égale , dans les lieuxmême où la petite vérole est moins à craindre.
Y. On assure dans le mémoire que les accidens sont beau-coup moins communs à la suite de l’inoculation que de lapetite vérole naturelle, et que ces accidens viennent presque tou-jours de la faute de l’opérateur ; on ne convient pas même ,quoi qu’en dise M. Pringle , d’ailleurs favorable à l’inoculation ,que cette maladie ait une incommodité qui lui soit propre ,Y abcès des glandes axillaires.
yi. Nos médecins iuoculistes ne croient pas qu’il soit facilede communiquer d’autres maladies par l'inoculation. L’obser-vation fait voir, selon eux , que rarement deux levains différensexistent ensemble dans le même corps sans que l’un détruisel’autre ; quelques faits recueillis de ce qui s’est passé durantla dernière peste de Marseille, semblent, disent-ils, favorisercette assertion. Ils accordent pourtant qu’il est possible que ,par une méprise dans le choix du virus variolique, on insèreavec la petite vérole d’autres maladies , quoique de très-grandsinoculateurs en doutent , et qu’il y ait même des faits qui sem-blent prouver le contraire.
yII. Selon ces médecins, l’inoculation doit diminuer la con-tagion , parce que la matière variolique est beaucoup moinsabondante dans les inoculés , et la lièvre beaucoup moins forte ;ils prétendent que six petites véroles artificielles produiront àpeine autant d’eilet pour la contagion qu’une seule petite vérolenaturelle. D’ailleurs si on inocule les enfans en nourrice, etpar conséquent à la campagne pour la plupart, la contagion serépandra encore moins dans les villes ; et même, après quelquesgénérations, le nombre des petites véroles pourra diminuer àtel point, qu’il n’y aurait plus de personnes sujettes à cette ma-ladie , que celles qui devraient l’avoir deux fois. On nie for-mellement dans le mémoire que l’épidémie de la petite véroleà Paris ait augmenté depuis l’inoculation. On remarque que1 épidémie de Boston avait commencé au mois de mai, et qu’on