5i4 RÉFLEXIONS SUR L’INOCULATION,n’a pratiqué l’inoculation qu’au mois d’août. On ajoute quedepuis que l’inoculation est reléguée dans les faubourgs de Parispar arrêt du parlement, la petite vérole n’est pas plus fréquentequ’autrefois dans ces faubourgs; et qu,’elle ne l’est pas non plusdevenue davantage à Londres, où l’on inocule beaucoup plusqu’à Paris. Quoiqu’il y ait à l’Hôtel-Dieu des petites véroles entoùt temps, cette maladie , à ce qu’on prétend , n’est pas pluscommune dans le quartier de l’Hôtel-Dieu que dans le reste dela ville, et n’y dure pas toute l’année ; la contagion même nese répand pas dans l’intérieur de cet hôpital , quoique, pourtoute précaution , on se contente de mettre les malades dansune salle haute. Nos auteurs observent à ce sujet combien ilest contradictoire de craindre si fort la prétendue contagionque l’inoculation peut causer , tandis qu’on se met si peu à l’abricontre celle de la petite vérole naturelle. Cependant, pour cal-mer jusqu’aux moindres scrupules, ces médecins croient qu’ilserait facile de prévenir par de bons réglemens jusqu’à l’ombremême des abus ; mais ils paraissent persuadés que proscrirel’inoculation par arrêt, ce serait condamner à la mort tous ceuxque cette opération aurait empêchés de succomber à la petitevérole naturelle. Ils ne nous disent pas si les réglemens qu’ilsproposent de faire par rapport à l’inoculation , doivent ou peu-vent être tels, qu’ils privent les citoyens peu aisés de tenter cetteoperation sur eux ou sur leurs enfans , et par conséquent desavantages qu’elle pourrait leur procurer.
VIII. Il ne faut pas oublier , selon nos auteurs , parmi lesavantages de l’inoculation, ce que rapporte le docteur Maly,qu’en Angleterre, dans les temples , dans les promenades , auxspectacles , on commence à s’apercevoir de ce qu’on doit à cettepratique pour la conservation de la beauté.
IX. De tous ces faits réunis, les auteurs du mémoire con-cluent , que l’inoculation doit sauver la vie à une quantité pro-digieuse de citoyens ; quelle empêchera que beaucoup d’autresne soient défigurés ou mutilés ; qu’ai nsi elle est utile à lasociété en général, et par conséquent, ajoutent-ils, à chaquecitoyen en particulier : nous renvoyons , pour apprécier lajustesse de cette conséquence, aux deux premières parties denotre écrit sur l’inoculation. Nos médecins pensent donc que1 inoculation doit être au moins tolérée ; expresssion qui pourra ,disent-ils, paraître mitigée jusqu’à l’excès, mais qu’ils n’em-ploient aussi que par excès de précaution , et pour se réserverle droit de proscrire l’inoculation ouvertement , si l’expériencey faisait découvrir dans la suite des inconvcniens jusqu’à pré-sent inconnus.