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Tome premier.
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5a6 DE LA LIBERTÉ

dont ils y agissent, dont ils y parlent, dérange toutes les idéesqu’il s’en est faites; il n’y retrouve point ces dieux et ces Iiéros,auxquels son ciseau sait donner tant de noblesse et tant d’âme ;et il est réduit à chercher son délassement dans les spectacles defarce dont les tableaux burlesques sans prétention , ne laissentdans sa tête aucune trace nuisible. Quelquefois , au milieu de lareprésentation d’une pièce de théâtre, i’imagine qu’un philoso-phe, qui n’aurait aucune idée de cette espèce de plaisir, soittransporté tout à coup au milieu de la salle ; alors je n’aperçoisplus avec lui que des automates qui parlent et se" remuent surdes planches, quelques êtres animés qui ont la bonté de converseravec eux, et des enfans qui ont la simplicité de s’amuser de cebizarre assemblage; 'et je vois mon philosophe, comme Démo-crite, regarder urt moment le spectacle , et bien plus long-tempsles spectateurs. Mais encore une fois, ces défauts si communsdans nos représentations dramatiques , sont ceux de l’exécution ,et nullement du genre ; ils disparaîtront quand les auteurs sau-ront mieux exprimer, et les acteurs mieux sentir. Au contraireles défauts de l’opéra sont essentiellement attachés à sa nature ;et puisqu’on ne peut les détruire, tout ce qui nous reste à tenterest de les rendre agréables.

XV. Revenons donc à nos drames en musique. Si nous étionsréduits à l’alternative , ou de conserver notre opéra tel qu’il est,ou d’y substituer l’opéra italien , peut-être ferions-nous bien deprendre le premier parti. Notre opéra nous amuse, nous lecroyons du moins, et il est fort douteux que l’opéra italien enfît autant. Ainsi nous ôter l’opéra français pour y suhstituerl’opéra italien, ce serait vraisemblablement nous mettre dans lecas de ce malade dont parle Horace, qui dans son délire croyaitassister aux spectacles les plus agréables, qui devint malheu-reux par sa guérison en perdant son erreur, et qui priait les mé-decins de la lui rendre. Mais ne serait-il pas possible , en conser-vant le genre de notre opéra tel qu’il est, d’y faire par rapport ala musique des changemens qui le rendraient bientôt supérieurà l’opéra italien? Nous deviendrions alors les législateurs de l’Eu-rope pour le théâtre lyrique , comme nous l’avons été pour ledramatique ; et celle gloire serait assez flatteuse pour notre va-nité. Or il paraît que le seul moyen d’y parvenir, est de substi-tuer, s’il est possible , la musique italienne à la française. Cette

h se rapprocher Va v antage deRa'vcrité dans lcs*habillemcns, grâce & made-moiselle Claiion, qui n’imitait pas moins la nature dans son jeu que le cos-tume dans ses babils.