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Tome premier.
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DE LA MUSIQUE. 5a5

il s’agit est fort difficile à décider ; qu’elle tient à plusieursautres qu’on n’a point encore résolues , sur la nature des lan-gues anciennes , sur leur prosodie , sur la musique des Grecs ,sur la mélopée du chant dramatique, sur la forme et la gran-deur des anciens théâtres ; nous n’avons en effet sur tous cesobjets que des notions fort imparfaites ; car les historiens sontcomme les commentateurs, très-diffus sur ce qu'on ne leur de-mande j>as, et muets sur ce qnon voudrait savoir. Mais on ac-corde que les anciens aient préféré dans leurs tragédies le chantà la déclamation ; et on ne craindra pas de dire que sur cepoint nous avons touché de plus près qu’eux à la nature. Que lamusique desGrecs ait été aussi parfaite qu’on voudra ; les sièclesd’ignorance qui l’ont détruite , nous ont dédommagé en un sensdu plaisir qu’ils nous ont fait perdre, puisqu’ils nous ont forcésde nous rapprocher de la vérité, en substituant la parole au chantdans nos représentations dramatiques (i). Il semble quelepropredes siècles d’ignorance est de représenter la nature plus grossière,mais aussi plus vraie; et celui des siècles de lumière, delà peindreplus délicate, mais plus déguisée. Nous ne prétendons pas pourcela qu’on doive toujours représenter sur le théâtre la natureexacte et toute nue: mais nous croyons qu’on ne saurait l’imitertrop fidèlement, tant qu’elle ne tombe point dans la bassesse. Per-sonne ne regrettera dans nos tragédies les fossoyeurs du théâtreanglais ; mais peut-être y pourrait-on désirer jilus d’action etmoins de paroles, moins d’art et plus d’illusion. Il serait à sou-haiter surtout que nos acteurs fussent un peu plus ce qu’ils repré-sentent; presque tous ne paraissent, si j’ose m’exprimer ainsi, quedes marionnettes dont on ne voit point le fil d’archal, mais dont lesmouvemens n’en sont pas plus naturels et mieux entendus. Je nedis rien du peu de vérité que nous avons mis dans les accessoiresdu spectacle, dans la décoration de la scène , dans les circons-tances locales., dans l’habillement des personnages. Un de nosgrands artistes, qui ne $era pas soupçonné d’ignorer la belle na-ture par ceux qui ont vu ses ouvrages , a renoncé aux spectaclesque nous appelons sérieux, et qu’il n’appelle pas du même nom ;la manière ridicule dont les dieux, et les héros y sont vêtus ( 2 ), '

(1) Ce n’est pas la seule obligation que nous avons à ces siècles obscurs ,que nous méprisons quelquefois injustement. Nous leur devons la plupart desinventions utiles, le papier, la faïence, le linge, les moulins a vent, laboussole, limprimerie, et plusieurs autres. Des hommes de génie servaientl’humanité par ces découvertes, tandis que les poètes faisaient de mauvaisvers, les écrivains de mauvaise prose, et les philosophes de mauvais raison-neviens.

(2) Sur le Tîicàue-Français , et m<3inc sut’ celui tic l’Opera, on a commence

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