Go SUR UA DESTRUCTION
aliquid ex iniquo omna magnum cxemplum ; ( tout grandexe.m(ttt‘ a quelque chose d’injuste J. Ainsi dans la destructiondes Templiers, un grand nombre d’innocens fut la victime del’orgueil et de la richesse insolente de leurs chefs ; ainsi les dé-sordres qu’on reprochait aux Templiers n’étaient pas l’uniquecause de leur destruction, et leur principal crime était de s’êtrerendus odieux et redoutables. La postérité pensera de même surle jugement porté contre les Jésuites, et sur l’exil auquel ils ontété condamnés; elle le trouvera dur, mais, peut-être, indispen-sable; c’est ce que l’avenir seul pourra décider.
Au reste, indépendamment de la compassion naturelle quesemblaient réclamer les jésuites âgés, malades ou sans ressources,qui après tout sont des hommes, il semble qu’on aurait pu dis-tinguer, dans le serment qu’on exigeait, les Jésuites proies d’a-vec ceux qui ne l’étaient pas , et ceux qui avaient déjà renoncé àl’institut d’avec ceux qui y tenaient encore sans y être absolu-ment liés. Qu’on exigeât le serment des Jésuites profès, donton voulait se débarrasser , on pouvait juger cette précautionessentielle ; mais était-il nécessaire d’exiger autre chose des Jé-suites non profits, qu’une simple promesse qu’ils ne se lieraientpoint à l'institut, et autre chose des ex-Jésuites qu’une simpledéclaration qu’ils y avaient renoncé ? La conduite contrairequ’on a tenue pouvait conserver à la société des sujets qui étaientdisposés à la quitter, etauxquels on ôtait toute autre ressource;celte rigueur même pouvait rendre à l’ordre des membres qu’ilavait déjà perdus.
En proposant ces réflexions, on est bien éloigné de désapprou-ver la conduite des magistrats, qui par de justes raisons , sansdoute, ont cru devoir en user autrement; il est bon cependantd’observer que plusieurs parlemens ont cru devoir tenir une con-duite contraire; après avoir dissous l’institut, ils ont laissé auxJésuites dispersés tous leurs droits de citoyens; mais n’est-il pasà craindre, qu’en les conservant ainsi dans plus de la moitié dnroyaume , on n’ait laisse à ces hommes, qu’on croit si remuans,un moyen de tramer des intrigues d’autant plus dangereusesqu’elles seront cachées ? Encore une fois le temps seul peut ap-prendre quels sont les juges qui ont pris le meilleur parti danscette affaire; si les uns n’ont pas été trop rigoureux, et si lesautres en voulant l’être moins, n’ont pas enterré le feu sous lacendre.
Quelques parlemens d’ailleurs n’avaient rien prononcé contrel’institut; et les Jésuites subsistaient encore en entier dans unepartie de la France. Il y avait lieu d’appréhender, qu’au premiersignal de ralliement, la patrie dispersée se rejoignant tout à coup