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Tome deuxième.
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C6 SUR LA DESTRUCTION

équivoque, connue il avait fait au sujet des sacremens refusésaux jansénistes ; il eût gagné du temps ; il eût accordé auxparlemens quelques modifications de l’institut, au moins parrapport aux Jésuites français; il eût flatté et intéressé les jansé-nistes par quelque bulle en faveur de la grâce efficace; enfinil eût amorti les coups qu’on portait à son régiment des gardes.Mais il semble que dans cette affaire les Jésuites et leurs amisaient été frappés d’un esprit de vertige, et cju’ils aient fait eux-mêmes tout ce qu’il fallait pour précipiter leur ruine. Pour lapremière fois ils se sont montrés inflexibles dans la circonstanceoù il leur importait le plus de ne pas l’être; ils ont cabalé ensecret et parlé ouvertement à la cour contre leurs ennemis ; ilsont crié que la religion était perdue si on se défaisait d’eux;qu’on ne les chassait que pour établir en France l’incrédulité etl'hérésie; et par là ils ont jeté de l’huile sur le feu, au lieu del’éteindre. Il semble que les jansénistes aient fait à Dieu, pourla destruction de la société , cette prière de Joad dans sithalie :

Daigne, daigne, grand Dieu, sur son chef e t sur elleRépandre ect esprit d’imprudence et d’erreur,

De leur destruction funeste avant-coureur.

Aussi ces jansénistes ont-ils bien assuré, dans leur langagedévot, que le doigt de Dieu s’était montré de toutes parts danscette affaire ; hélas! a répondu un ci-devant Jésuite, apparem-ment consolé de ne plus l’être , ce sont bien les quatre doigts etle pouce !

Voilà donc cette société fameuse retranchée du milieu denous ; plaise au ciel que ce soit sans retour, ne fut-ce que pourle bien de la paix, et qu’on puisse enfin dire : hic jucet ! Sesmeilleurs amis sont trop bons citoyens pour penser le contraire ;le rétablissement de cette société remuante, irritée et fanatique,ferait plus de mal à l’Etat, qu il ne pourrait, dans l’idée mêmede ses partisans, procurer de bien à l’Eglise. Cet événement, sila Providence veut qu’il soit durable, fera non-seulement uneépoque, mais selon bien des gens, une vraie ère chronolo-gique dans l’histoire de la religion ; on datera désormais danscelle histoire de l'hégire jésuitique (i), au moins en Portugal eten France; et les jansénistes espèrent que ce nouveau computecclésiastique ne tardera pas à être admis dans les autres payscatholiques. C’est le but des prières ferventes qu’ils adressent àDieu pour le plus grand bien de leurs ennemis, et pour fairerentrer lo société en elle-même.

Rien ne sera sans doute plus profitable et plus flatteur pour

(i) On sait qa'liégiee sigmüc/iti'tc, expulsion.