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Tome deuxième.
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RÉFLEXIONS

SUR LES ÉLOGES ACADÉMIQUES.

Les princes sont, pour l’ordinaire, beaucoup plus loués du-rant leur vi? qu’après leur mort ; la plupart des gens de lettresont un sort contraire : tant qu’ils respirent, on les critique ouon les oublie, selon qu’ils se distinguent ou qu’ils demeurentconfondus dans la foule, mais on les célèbre presque tous dèsqu’ils ne sont plus : il n’est pas même rare de voir les mânesd’un écrivain illustre encensés par les mêmes plumes qui l’avaientdéchiré de son vivant, et qui semblent destinées à se désho-norer également par leurs satires et par leurs éloges.

Tant d’académies dont les provinces sont inondées , et quifont perdre des hommes à I’Klat sans en faire acquérir auxlettres , ont rendu communs ces panégyriques funèbres. Lesplus minces littérateurs ayant souvent l’avantage ou le ridiculed’appartenir à quelqu’une de ces sociétés, ce titre assure à leurmémoire une petite apothéose , à la vérité aussi obscure «pieleur vie.

(^uehpies censeurs se sont élevés contre cette multiplicité fas-tidieuse d’éloges. Si on les en croit, ceux qui par leurs lumièreset leurs talens ont éclairé leurs contemporains , et honoré leurpatrie , sont les seuls dignes de nos hommages ; mais à quoi bon,«lisent-ils, transmettre à la postérité des noms inconnus à leurpropre siècle, et leur accorder solennellement une place dansles fastes littéraires, où l’on ne pensera jamais à les chercher?Nous avouerons sans peine que l’usage dont on se plaint a sesabus; et quel usage n’a pas les siens? mais les abus nous pa-raissent. si légers en comparaison des avantages ! Si les anciensqui élevaient des statues aux grands hommes, avaient eu-Ie mêmesoin que nous d’écrire la vie des gens de lettres , nous aurions,il est vrai, quelques mémoires inutiles, mais nous serions plusinstruits sur les progrès des sciences et des arts, et sur les«lécouvertes de tous les âges, histoire plus intéressante pour nousque celle d’une foule de souverains qui n ont fait que du mal auxhommes. D’ailleurs ne craignons point «pie la postérité confondeles rangs; en faisant le panégyrique d’un homme de lettres,nous lui assignons à peu près, même sans le vouloir, la placequ’il doit occuper. Quicontpie aura lu les éloges de l’Académie«les sciences , ne sera pas plus tenté de mettre Parent à côté de