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Tome deuxième.
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RÉFLEXIONS SUR LES ÉLOGES. i5iN ewton, <|ne Tallard à coté de Vauban. Les liomines médiocrespeuvent être élevés par l’orateur un peu au-dessus de leur place,mais les grands hommes gardent toujours la leur.

Quoi qu’il en soit, nous espérons que les gens de lettres quisont l’objet des éloges suivans ne paraîtront pas indignes del’hommage que nous leur rendons. On verra un des plus grandsmathématiciens de son siècle, un philosophe pratique du premierordre , un sage législateur du genre humain , un grammairiende génie ; enfin , ce qui est presque aussi rare, et peut-ctreplus estimable, un théologien tolérant et modéré, etc. , etc.

C’est par les actions qu’il faut louer ceux qui le méritent ;1 eloge d’un homme de lettres doit donc être le récit de ses tra-vaux. Mais il est peut-être aussi utile de faire connaître ce qu’ila été, et de peindre l’homme en même temps que l’écrivain, aurisque de changer quelquefois le panégyrique en histoire. Enmontrant d’un coté aux lecteurs instruits ce que les sciences oules lettres doivent à celui qu’on loue , le point où il les a trouvées,et celui où il les a laissées par ses veilles, on intéressera del’autre les lecteurs philosophes par le contraste ou par l’accordde ses écrits et de ses mœurs. Le caractère des hommes célèbresn’est pas moins digne de fixer nos regards que leurs lalens; celterègle a cependant quelques restrictions. L’analyse des écrits estindispensable dans l’éloge historique d’un homme de lettres ; àl’égard du caractère et des mœurs, s’il est du devoir de l’histo-rien de ne pas cacher les défauts qui font rentrer les gens delettres dans la classe ordinaire de l’humanité , il est encore plusnécessaire de -lirer le rideau sur les vices qui ont quelquefoisterni l’éclat des lalens. Le but des éloges littéraires est de rendreles lettres respectables , et non de les avilir. Si donc par un mal-heur qui n’est pas sans exemple , la conduite a déshonoré lesouvrages, quel parti prendre? louer les ouvrages. Et si d’unautre côté la conduite est sans reproche , et les ouvrages sansmérite, que dire alors? se taire. On oublie qu’on doit parlerd’un homme de lettres , ou plutôt on en fait indirectement lasatire , quand on se borne à célébrer en lui l’homme vertueux ,titre très-estimable dans la société, mais très-peu littéraire. Quepenserait-on d’un général d’armée , dans l’éloge duquel on netrouverait ni batailles gagnées ni villes prises?

C est apparemment par cette raison que plusieurs academiesréimposent point au secrétaire la loi rigoureuse de faire l’élogefunèbre de Ions les académiciens, l’expérience ayant prouvé quel’intrigue et la faveur ont quelquefois ouvert la porte deces com-pagnies à des hommes dont tout l’éloge doit se réduire à la datede leur naissance , de leur réception et de leur mort. Il serait