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DE DESPRÉAUX.
Un bruit court que le roi va tout réduire en pondre,
Pii dans Valencienne est entré comme un foudre ;
Que Cambrai, des Français l’épouvantable écueil,
A vu tomber colin ses murs et son orgueil;
Que devant Saint-Omer, Nassau par sa défaite ,
De Philippe vainqueur rend la gloire complète.
Despréaux faisait remarquer à ses amis que les deux derniers'’ers, destinés à l’éloge de Monsieur, étaient d’un ton moinsclevé que les quatre premiers, qui renfermaient celui du roi.Dans ces six vers, il ne paraissait flatté que de faire observerl’art du courtisan; il pouvait encore y faire sentir l’art du poètedans la dégradation des teintes ; il pouvait se faire un mérite dus oin qu’il avait eu , après les deux vers foudroj'ans qui ouvrentCelte tirade , de commencer déjà à baisser un peu le ton dansles deux vers du milieu, afin que le passage ne.fût pas troptr ancliant et trop brusque de la fierté des premiers vers à la mo-destie des derniers. Nous ignorons si personne avant nous afait cette remarque ; mais nous avons cru qu’il serait encore plusutile de démêler dans ce morceau chéri de Despréaux les finessesdu goût, qu’il a passées sous silence, que celles de l’adulation dontil a cru pouvoir se parer (i 4 ).
Il avait cependant l’art, ou plutôt le mérite , de faire passerquelquefois, à la faveur de ce débordement de louanges , des le-çons utiles au souverain qu’il célébrait. Louis XIY, jeune encoreet avide de renommée, qu’il prenait pour la véritable gloire,se préparait à faire la guerre à la Hollande. Colbert , qui savaitcombien la guerre la plus glorieuse est funeste aux peuples ,voulait en détourner le monarque. Il engagea Despréaux à se-conder des vues si louables , en adressant à Louis XIY sa pre-mière épître, ou il prouve que la vraie grandeur d’un roi estrendre ses sujets heureux , en les faisant jouir de tous lesa ' - antages de la paix. Tout le monde a retenu les beaux vers decette épitre sur l’empereur Titus ,
Qui rendit de son joug l’univers amoureux,
Qu'on n’alla jamais voir sans revenir heureux,
Qui soupirait le soir, si sa main fortunéeN’avait par scs bienfaits signalé la journée.
É® '"oi se fit redire ces vers jusqu’à trois fois, loua beaucoup l’é-, et fit la guerre (i 5 ).
faut de soins pour plaire au monarque, et surtout tant deDlens, ne demeurèrent pas sans récompense. Despréaux futÇomble des grâces du roi, admis à sa cour, et nommé, con-jointement avec Racine, pour écrire l’histoire dn prince qu’ilmontrait si empressé de célébrer ( 16 ). Les deux poètes pa-