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Tome deuxième.
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DE DESPRÉAUX. 36 9

reux , il ne le trouvera pas (34). Ce priuce lui demandait unjour : Qu’ust-ce qu’un prédicateur quon nomme Le ' Toumeux 7on dit que tout le monde y court. Sire, répondit-il , votre ma-jesté n’ignore pas qu’on court toujours à la nouveauté. C’est unprédicateur qui prêche l’Evangile. On sait combien Le Tour-neux , ami et disciple d’Arnauld, était attaché aux opinions dePort-Royal ; et on peut croire que les ennemis de cette maison,qui prétendaient bien prêcher aussi l’Evangile , ne surent pasgré à Despréaux d’une réponse qui rendait, selon eux , si peude justice à leur zèle. Il portait le courage jusqu’à oser aflicher sonrespect et s,on attachement pour Arnauld, en présence mêmedes jésuites , si implacablement déchaînés contre tout ce quiportait ce nom (35). Il était cependant aussi réservé que son ca-ractère pouvait le permettre, à l’égard de cette société vindicative,alors très-puissante et très-dangereuse ; mais il la ménageait beau-coup plus qu’il ne l’aimait. Il permettait même à son aversionsecrète de s’exhaler à petit bruit par quelques traits contre desjésuites subalternes et ignorés ; mais il avait grand soin de con-server des liaisons avec les jésuites les plus célèbres, et surtoutqui avaient le plus de crédit : on juge bien que le P. de La.Chaise était de ce nombre. On peut même voir par une lettre deDespréaux à Racine, toute la déférence que le poète courtisanmarquait pour le redoutable jésuite ; le soin qu’il eut d’aller luilire son épitre sur l’Amour de Dieu, pour prévenir le mécon-tentement de la société, qu’il avait lieu de craind re; la précau-tion qu’il prit de se faire accompagner dans cette visite par sonfrère le docteur Boileau , comme garant de la pureté de sa doc-trine et de ses intentions; les applaudissemens que le docteur etle poète donnèrent à tout ce que disait le père confesseur ; lesuffrage qu’ils en obtinrent en faveur de l’épître qu’ils étaientVenus soumettre à ses profondes lumières ; la profusion de sciencethéologique que le P. de La Chaise leur débita sur la différencede l’amour effectif et de l’amour affectif, qu’il fallait, disait-il,bien se garder de confondre; enfin les grands éclats de rireavec lesquels il entendit, si l’on en croit Despréaux, les derniersVers de celte épître , où cependant il n’y a pas trop le mot pourr *re. Mais le poète avait un besoin si essentiel et si pressant deSe concilier son juge, qu’il dut s’applaudir beaucoup de l’avoirb»it rire à si bon marché.

Parmi les gens de lettres de cette société que Despréaux voyaitQuelquefois , et qu’il appelait ses amis , on doit surtout compter® P. Bouhours , qui, dans un de ses livres , l’avait loué et cité1 u Meurs fois. Mais comme il avait en même temps loué et citéeauc °up d’auteurs médiocres, Despréaux ne lui en avait qu’une