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dit assez plaisamment qu’elles partageraient avec les autres ou-vrages do Fontenelie, comme des filles de Normandie ; mais lepère de ces malheureuses lettres était aussi celui des Mondes , deY Histoire des Oracles, et surtout de 7’he'tis et Pelée , opéradont Quinault embrassa l’auteur avec tendresse en lui disant,vous serez mon successeur. Despréaux pouvait du moins traiterFontenelie aussi bien qu’il avait fait Voiture , chez qui l’affec-tation du bel esprit se montre à chaque ligne (3t>.). Il avait aussidonné à Benserade quelques louanges prématurées , mais dont ilse repentit sur la fin de sa vie. Il avait même fait une épigrammequ’il donnait pour mauvaise , et il disait que par son testamentil en ferait un legs à Benserade. Mais en mettantVoiture à côtéd’IIorace dans une de ses satires, et en s’obstinant à l’y laisser,il a persisté dans son erreur, si on peut s’exprimer ainsi, jusqu’àl’impénitence finale.
Ferme et inébranlable dans ses affections , comme il l’avaitfait voir par le courage avec lequel il avait combattu pour lesanciens, Despréaux n’était guère moins dévoué aux écrivainsde l’illustre société de Port-Royal, dont les ouvrages ont tantcontribué à rétablir parmi nous l’étude et le goût de la saineantiquité (33). Le célèbre Arnauld, leur chef et presque leuroracle , avait surtout la plus grande part à ses hommages. Néan-moins son attachement pour ces écrivains , si estimables à tantd’égards , ne fut pas assez aveugle pour lui faire prendre partaux affligeantes querelles où ils avaient eu le malheur de perdreleur temps et leur repos. Il s’écriait souvent à l’occasion des dis-putes sur la grâce , dont toute la France retentissait alors, queDieu est grand , et que les hommes sont fous! 11 avouait cepen-dant , en parlant de ces disputes, qu’entraîné par 1 exemple detant d’hoinmes qui s’en occupaient sans y rien entendre , il avaiteu la fantaisie d’avoir un avis sur ce sujet ; mais que cette fan-taisie, grâce à la clarté de la matière, n’avait abouti qu’à d’inu-tiles efforts ; de sorte, disait-il , que m’étant quelquefois couchéjanséniste tirant au calviniste, j’étais tout étonné, de me réveillermoliniste approchant du pélagien. Il ne flotta pas long-tempsdans ces vaines incertitudes ; bientôt il ne s’endormit plus qu’in-différent, et ne se réveilla plus que raisonnable.
Mais s’il n’était nullement disposé à se rendre le martyrdes opinions d’Arnauld, il était encore plus éloigné de le désa-vouer pour ami. Il en faisait ouvertement profession , à la courmême, sous les yeux du monarque qui avait exilé et pros-crit ce docteur célèbre. Un courtisan lui disait, dans l’anti-chambre du roi, que ce prince faisait chercher Arnauld partoutpour le mettre à la Bastille : Le roi, répondit-il , est trop heu-