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Tome deuxième.
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DE DESPRÉAUX. 3 7 ç)

" purent s'empêcher (le rire. » Rien n’est plus philosophique et ingé-nieux que ces réflexions. Mais parmi les contradictions inconcevables dontla nature humaine est composée , et qui en font une production tout à lalois si admirable et si étrange , il n’est point de contraste plus étonnantque celui qui se trouve entre celte avidité incroyable de savoir, qui vou-drait tout saisir et tout embrasser , et la connaissance qui nous est inter-dite de tant de choses, que notre inquiète curiosité désire si ardemmentd’approfondir. Que l'intelligence d’un être ne passe pas certaines limites;que dans une espèce d’êtres elle soit plus ou moins circonscrite que dansUne autre, rien en cela n’est surprenant, comme il ne l’est pas qu’unhrin d’herbe soit moins élevé qu’un arbrisseau , et un arbrisseau qu’unchêne ; ainsi la plupart des animaux , bornés par la nature à un petitnombre d'idées , paraissent ne rien voir et ne rien désirer au-delà. Maisque le même être soit à la fois arrêté par le cercle étroit que la nature atracé autour de lui, et averti néanmoins par elle qu’au-delà de cette li-mite sont des objets qu’il ne pourra jamais atteindre; qu’il puisse rai-sonner à perle de vue sur l’existence et la nature de ces objets, quoiquecondamné éternellement à les ignorer ; qu’il ait tout à la fois et trop peude sagacité pour résoudre une infinité de questions, et assez de sagacitéPour se les faire, eu un mot la faculté de s’interroger sans avoir celle dese répondre ; que le principe qui pense en nous se demande en pure perteCe qui constitue en lui la pensée, et que cette pensée qui voit tant dechoses si éloignées d’elle, ne puisse se voir elle-même dont elle est siprès, en cherchant néanmoins à se voir et à se connaître, voilà ce quidoit nous surprendre et nous confondre. Les contradictions que nousobservons dans l'homme se rencontrent même quelquefois dans certainsanimaux , surtout dans ceux qui semblent approcher le plus de lui ; dansle singe , par exemple, cet animal imitateur qui contrefait l’homme enhuit de choses , et qui ne peut le contrefaire dans son langage, quoiqu’ilait extérieurement les organes de la parole semblables aux nôtres, etfittoique d’autres animaux qui ont l’organe de la voix si différent de celuil le l'homme, profèrent des sons articulés. Mais terminons ici ces ré-flexions singulières, qui nous mèneraient plus loin peut-être que nous ne' ü ulons , et qui nous ont déjà mené si loin de Despréaux.

( 4 ) L’éloge donné par le père de Despréaux à la bonhomie de sonfjls i dont les premières années ne semblaient pas annoncer sa renomméefuture , est à peu près celui qu’on donne à tout homme dépourvu de ta-,lent el ,p CS p r ;t ; niais dont on a résolu de (lire un peu de bien. On lui■iccorde le mérite peu envié d’être un bon homme, et quand on veut com-pléter la louange, d’être un homme de bon sens, un esprit moins brillant'^ Ul - solide. Ce n’est pas (pic la vraie bonté et le vrai bon sens soient^cuucoup plus communs que Vesprit, dont on est si jaloux ; mais lesOiiuncs , n’attachant qu’un prix très-médiocre au bon sens et à la bonté,Su tout pas prier pour en gratifier à tort et à travers ceux même qui enj° Ut l° s moins dignes. Un autre éloge assez fâcheux pour ceux à qui on'ecoi de , sm-tout quand ils sont jeunes, c’est celui qu’on fait quelquefois