I
DE DESPRÉAUX. 3q5
.Te n’.vdmiiais que toi; le plaisir (le le direVint m’apprendre h louer au sein de la satire;
Et depuis que tes dons sont venus m’accabler,
Loin de sentir mes vers avec eux redoubler,
Quelquefois, le dirai-je? un remords légitiméAu fort de mon ardeur vient refroidir ma rime ;
Il me semble , grand roi, dans mes nouveaux écrits,
Que mon encens paye* n’est plus du même prix.
J’ai peur que l’univers, qui sait ma récompense,
N’impute mes transports Jl ma reconnaissance ;
Et que par tes présens mon vers décréditéN’ait moins de poids pour toi dans la postérité.
Les amis de Despréaux se partageaient sur celui de ces deux morceauxlui méritait la préférence. L’auteur paraît en avoir juge mieux que per-sonne : Le premier, disait-il , fait plus d’honneur au roi , puisqu’il yest loué, pour ainsi dire , par la satire meme ; le second faitplus.d’ hon~rieur au poêle, parce qu’il y annonce ses éloges comme entièrementdésir, lé res sés.
Q4) On pourrait remarquer que dans ces vers, dont Despréaux fai-sait tant de cas, le second n’est peut-être pas à l’abri de la critique :
Et dans Valencienne est entré comme un foudre.
Il nous semble que l’expression est entré comme un foudre , est à la foisfaible et enflée ; mais il ne s’agit point ici d’examiner ces vers en détail ,il s’agit de l’effet général qui en résulte ; et sous ce point de vue, nouscroyons que l’observation de Despréaux cl la notre sur la gradation quele poète a observée dans ce morceau, sont l’une et l’autre égalementjustes.
Le peuple qui n’était pas aussi adroit courtisan que Despréaux, n’ob-s ci'va pas les mêmes nuances dans les éloges qu’il donnait au roi et à sonfrère. Le monarque et le prince revinrent ensemble de la campagne oùMonsieur avait été vainqueur à Cassel ; et dans tous les lieux où ils pas-saient , le peuple criait : vive le Roi , et Monsieur qui a gagné la bataille.lj<: roi s’en souvint, et Monsieur n’en gagna plus.
. LcspréaUX, qui était si content de l’adresse qu’il avait eue de louere frère du roi d’un ton plus bas que le monarque , avait été plus sera-buleux encore sur le compte du maréchal de Luxembourg. On connaît^tte stance de son ode sur Namur, où il dit aux ennemis de la France •.
Loin de fermer le passageA vos nombreux bataillons-,
Luxembourg a du rivageReculé ses pavillons.
Quoi 1 leur seul aspect vous glace, etc.
^ an dez-moi, dit-il dans une lettre à Racine, si vous croyez que je( ."‘ Vc Parler de Luxembourg. Vous n’ignorez pas combien notre maîtrechatouilleux sur les gens qu’on associe à ses louanges . L’éloge du