3 r >8 NOTES SLR L’ÉLOGE
» funérailles de lu félicité publique, morte on France depuis long-temps.
» On peut dire cependant, ajoute-t-il, et celte remarque peint bien le» caractère de la nation , q» ü n’y a pas moins de philosophie à Paris» que chez vous, puisqu’il n’y a point de semaine où l’on n’y joue trois» lois l’opéra avec une grande allluencc de spectateurs, et que jamais il» n’y eut tant déplaisirs, de promenades eldediverlisscmcns. » La gaietéet la frivolité françaises allaient plus loin encore. On faisait des épi-grammes et des chansons sur le monarque, scs généraux et ses ministres,et on courait au théâtre du Palais-Royal chanter et applaudir les vieuxprologues de Ouinault , qui devaient paraître un peu étranges depuis labataille dllochslct.
Il ne faut donc pas s’étonner qu’après tous ces désastres, Despréauxfût dégoûté de louer. Cependant La Motte , très-inférieur à Despréauxcomme poète , osa tenter avec succès , en pleine Académie, ce qui avaiteffrayé l’intrépide panégyriste du monarque; il célébra la constance deLouis XIV dans ses malheurs, et en renferma l’éloge dans ce trait sinoble cl si heureux , que pour déployer toute sa grande âme , le ciellai devait des revers (1).
Malgré la liberté philosophique avec laquelle Despréaux s’exprimait surnos désastres, il gardaiL toujours quelques ménagemens pour les vieuxcourtisans dont il avait eu autrefois à se louer. De ce nombre était lemaréchal de Villcroi, si malheureux à la guerre. On sait qu’il perditpar sa faute la funeste bataille de Ramillics. « Il y a beaucoup de gens ,» écrivait Despréaux, qui ne l’épargnent pas sur sa dernière action,» et véritablement elle est très-malheureuse ; mais je m’offre pourtant» de faire voir quand on voudra, que la bataille de Ramillics est en» tout semblable à la bataille de Pharsale; et qu’ainsi, quand Villcroi» no serait pas un César, il peut fort bien demeurer un Pompée. »C’est dommage que Despréaux n’ait pas comparé Villcroi à César, qu>s’était laissé surprendre à Dyrrachiuin, comme cet infortuné général àCrémone. Mais l’ancien Pompée, ou pour parler comme Despréaux,l’ancien Villcroi, avait défait les Pirates , Spartacns , les Gaulois , le 5Grecs , Mithridate enfin ; et le moderne n’avait jamais été que battu.
(18) Nus un écrivain est dépourvu de sensibilité, moins pour l’ordi'naire il s’aperçoit qu’elle lui manque. On pourrait donc croire que-Des'préaux ne sentait pas cette privation, et que ce n’était pas là ce talo !ld'Achille dont il parlait. Mais si l’Ame de Despréaux ne l’avertissait p :l ’du sens dont il était privé, les modèles qu’il avait devant les ye”*pouvaient suppléer à cet avis ; Virgile et Racine , dont il lisait les vers’suflisaient pour lui faire connaître qu’aucun des siens n’était parti ^son âme et ne parlait à celle des autres.
La sensibilité qui manquait à Dcspréanx pour produire, lui ma”'quait même pour juger; car il a cru apercevoir l’expression du scu”'ment dans des madrigaux aussi froids que médiocres. 11 donnait p° ul
1 Vny'cz l’ode de La Motte, intitulée : la sagesse du roi supérieure a ^les cvcntsiHens.