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Tome deuxième.
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DE DESPRÉAUX. 4<>5

juste , mais elle était plaisante , et fut au moins assez imprévue pour queLa Fontaine ne trouvât rien à répliquer.

( 21 ) Despréaux, qui joignait à un cœur peu fait pour la tendresse,des mœurs et des principes austères , était peut-être excusable de ne passentir ce que valait Quiuault ; les ennemis de Racine ont prétendu qu’onu’en pouvait dire autant de ce dernier poète, qui, doué par la natured’une sensibilité exquise et profonde , savait faire parler les passions avecune vérité si séduisante, et que les hommes sévères appelaient dange-reuse. On en conclut que Racine était de mauvaise loi dans le peu de casqu’il paraissait faire de l’auteur si tendre A'Jlys et d 'Armide. Ce re-proche n’est peut-être pas aussi fondé qu’on le croirait. La f acture molledes vers de Quinault, qui les rendait plus propres à la musique , les lui-sait paraître aux yeux de Racine trop semblables à de la prose ; lui etllespréaux se confirmaient dans cette opinion en comparant les vers desopéras de Quinault avec les vers de ses tragédies , qui manquent en effetabsolument de force et de coloris ; ils ne s’apercevaient pas de la libertéffue Quinault s’était donnée dans ses opéras de croiser les rimes et deHiêlcr les vers de différente mesure , en faisant disparaître la monotonie ,És expressions oiseuses , le ton faible et lâche qu’on pouvait reprocheraux vers de ses tragédies, toutes écrites en grands vers et à rimes noncroisées. Ce défaut disparaissait aussi dans les comédies du même Qui-Uault, quoiqu’écrites en vers et comme scs tragédies , parce que les versde comédie sont pour l’ordinaire dispensés de force , et ne demandentguère en général que de la facilité et de l’élégance. Aussi la Mère coquettede Quinault, donnée à peu près dans le môme temps que l ’École desFemmes, c est-a-dire, dans les premières années de Molière, peut êtreregardée comme un chef-d’œuvre de style, surtout par rapport au temps°u elle a été laite. Elle est même écrite, sinon avec autant de verve, dutuoins avec plus de pureté et de correction que les pièces de Molière ; carc est encore là un mérite de Quinault ; aucun poète, sans exception ,11 est plus correct que lui, et des remarques grammaticales sur ses opérass e réduiraient à très-peu de pages! et peut-être à quelques lignes. S’il^emploie que rarement le mot énergique et pittoresque, du moins il ne’î'et jamais le mot impropre. Mais ce mérite ne suffit pas pour des verstragédie ; or Despréaux et Racine ne jugeaient dans Quinault que le1^‘te tragique , ils avaient trouvé le côté faible , mais ils n’auraient pas11,1 confondre l’auteur de Roland avec celui A'Astrale '.j Le pl us célèbre écrivain de notre siècle, qui plus d’une fois a reformé® s ! *rrêts trop rigoureux ou trop injustes de Despréaux , a vengé un peu1,1 entent Quinault dans son épître sur la calomnie :

n . ^ eut ~étre le succès non mérite de plusieurs tragédies de Quinault don-lic 'M ■ >l CCS deux grands poètes un peu d’humeur, et par conséquent d’injus-des • S ° n car cu succès fut si grand , qu’on entendait, dit-on , le bruit

'‘l’I’jaudisscmcns à deux rues de l’hôtel do Bourgogne. Poètes dramatiquesnos jours , vantez-vous après cela de vos bonnes fortunes éphémères !