DE REGNIER DESMARAIS. 45 7
objet celles des critiques de l’abbé Regnier qui nous paraissent ou in-justes ou trop sévères. Nous mettrons ces observations en lettres ita-liques, et nous les placerons entre deux parenthèses. L’abbé d’Olivel,qui, dans la première édition de scs Remarques sur Racine, a publiéla censure de l’abbé Regnier avec une sorte de complaisance, auraitpeut-être dû, pour la rendre plus utile, y joindre des observationssemblables. Mais il n’avait garde de défendre Charles Perrault, le dé-tracteur des anciens, contre l’abbé Regnier leur adorateur. Il dit mêmequ’il a imprimé cette critique pour faire voir aux ennemis de l’antiquité ,que Perrault leur patriarche a fait plus de fautes dans trois ou quatrepetites pages de prose, qu’il n’y en a dans toute une tragédie de Racine.Quand cela serait, s’en suivrait-il que Charles Perrault eût bien ou malraisonné sur les anciens ?
AU ROI.
Sire,
« Le dictionnaire de l’Académie Française paraît (a) enfin sous» les auspices {b) de votre majesté , et nous avons (c) osé mettre« à la tête de notre ouvrage le nom auguste du plus grand des« rois. Quelques ( d) soins que nous ayons pris d’y rassembler» tous (e) les termes dont l’éloquence et la poésie peuvent for-» mer l’éloge des plus grands héros, nous (f) avouons, sire,» que vous nous en avez fait sentir plus d’une fois et le défaut» et la faiblesse. Lorsque (g-) notre zèle ou notre devoir nous» ont engagés à parler ( h ) du secret impénétrable de vos des-» seins, que la seule exécution découvre aux yeux des hommes,» et toujours dans les momens marqués par votre sagesse , les» mots de prévoyance, d e prudence et de sagesse même ne» répondraient pas (i) à nos idées, et nous aurions osé nous» servir de celui de (/) Providence, s’il pouvait jamais êtrepermis de donner aux hommes ce qui n’appartient qu’à Dieu11 seul. Ce qui (À) nous console , sire, c’est (/) que sur un pa-" reil sujet les autres langues n’auraient aucun avantage sur la11 nôtre : celle des Grecs et celle des Romains seraient dans la11 même indigence, et tout ce que nous voyons (m) de brillant» et de sublime dans leurs plus fameux panégyriques n’aurait11 ni assez de force, ni assez d’éclat pour soutenir le simple11 récit de vos victoires. Que 1 on remonte de siècle en siècle“ jusqu’à l’antiquité la plus reculee , quy trouvera-t-on de" comparable au spectacle qui fait aujourd’hui l’attention de11 l’univers, toute l’Europe armée contre vous, et toute l’Europe” trop faible ?
“ Qu’il nous soit permis, sire, de détourner un moment“ les yeux (n) d’une gloire si éclatante, et d’oublier, s’il est