DE REGNIER DESMARAIS. 45g
B dans le temps de la pureté du langage et dans le beau siècle•> de la France.
» Nous sommes (af ), avec une profonde vénération, etc. »
Critique de l’Epilre précédente ; par Racine et Fabbé Régnier.
{a) (Le Dictionnaire de VAcadémie parait enfin.') Ce mot enfin nepeut ici être dit qu'eu deux sens ; ou comme par un aveu de la len-teur de l'Académie à travailler, ou par une espèce de vaine complai-sance d’avoir pu venir à bout d'un si grand ouvrage. Or , dans l'un etl’autre sens, le mot enfin est mal , parce qu’il n’est ici question ni des’accuser , ni de se vanter, {fil semble que l’Académie , sans s’accu-ser ni se vanter, a pu se seivir ici du mot enfin ; il suffisait qu’elleeut mis beaucoup de temps à la composition de son Dictionnaire ,et que ce travail eût en effet exigé beaucoup de temps, sans qu’onpût accuser la compagnie d'en avoir perdu. Or, c’est en effet le casoù elle se trouvait. )
(b) {Sous les auspices de votre majesté. ) On dit bien agir sous lesauspices ; entreprendre , achever quelque chose sous les auspicesd’un grand prince , pour marquer que c’est par ses ordres que touts ’est fait ; que c’est son génie , son bonheur qui ont influé sur tout.Hlais, parait sous les auspices , ne se peut dire , à mon sens, que dansUne occasion : ce serait si un auteur n’ayant pas voulu , par modestie ,mettre un ouvrage au jour , venait à y être excité , et comme forcé parles instances d’un grand prince ; car alors on pourrait dire avec fonde-ment . que cet ouvrage paraît sous les auspices du prince. Mais ici il n’ya rien de semblable. {On dit aujourd’hui, faire paraître un ouvragesous les auspices de quelqu'un, pour dire, le lui dédier. Ainsi cellecritique porte à faux, au moins relativement à l’usage présent de lalangue, usage qui vraisemblablement était dès-lors établi, puisqu’onemploie ici cette phrase.)
(c) ( Et nous avons osé mettre à la télé de notre ouvrage le noma, <guste. ) Cette phrase, mettre le nom d’un prince « la télé d’un ou-Vt 'age, pour dire lui dédier un ouvrage, me semble impropre, en cequ’elle ne signifie point en effet ce qu'on veut lui faire signifier. (,e motd’oser me semble aussi n’etre pas à propos en cet endroit ; car en géné-ral, bien loin que ce soit une liardiessse à qui que ce soit de dédier unlivre à un grand prince, c’est au contraire une marque de respect, unacte d’hommage ; et pour l'Academie , c est un devoir a 1 égard du roiqui en est le protecteur , c’est une obligation indispensable. {Meme oh—seivation que sur la critique précédente. On dit aujourd hui , ell oudisait vraisemblablement dès-lors, mettre le nom de quelqu un a latète d’un ouvrage, pour dire, le lui dédier. Quant à la critique du mot0s cr, elle parait juste en elle-même / mais nos formules de respect,bonnes ou mauvaises , semblent autoriser celte expression. )
(d) {Quelque soin que nous ayons pris d'y rassembler tous les 1er-