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Tome deuxième.
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46o NOTES SUR L’ÉLOGE

mes dont l’éloquence et la poésie peuvent former l’éloge des plusgrands héros.) De la manière dont ceci est énoncé, on peut croireque l’Académie, en faisant son dictionnaire, n’a eu d’autre chose enrue que de recueillir les mots dont ou peut se servir dans un panégy-rique , dans une ode, dans un poème épique ; ou que du moins, enrassemblant aussi tous les autres , elle ne l’a fait que par manière d’ac- jquit ; mais que pour ceux qui peuvent entrer dans l’éloge d’un grandprince, elle y a travaillé avec tout un autre soin ; car c’est là ce quirésulte naturellement de la phrase dont il s’agit. Si on la veut prendredans un sens plus étendu, et comme faisant une ligure qui, dans l’cx- ipression de la plus noble partie , comprend le tout, il y aura un autreinconvénient : c’est que tous les faiseurs de dictionnaires seront aussibien fondés que nous à dire qu’ils ont pris soin de rassemblér tous les Itermes dont on peutformer l’éloge des plus grands héros. (Si Racine ,comme le prétend l’abbé d’Olivet, a eu part à plusieurs des critiquesde l’abbé Regmer, il est difficile qu’il ait eu part à celle-ci; car onpeut voir dans les notes sur l’article de M. Clermont-Tonnerre , évê-que de TSoyon, que ce grand poète avait à peu près la meme adulationà se reprocher. )

11 y a d’ailleurs une autre observation à faire là-dessus : c’est que lesmots de jurer, blasphémer, voler, tuer, assassin, traître, crime,poison, inceste, etc. , ne sont pas moins dans le Dictionnaire de l’A-cadémie , que ceux de régner, vaincre , triompher, libéral, magna-nime, conquérant, valeur, gloire, sagesse, etc.; qu'ainsi on peutdire avec le même fondement, que nous avons pris soin de rassemblertous les termes dont on peut se servir pour faire les invectives les plussanglantes, et pour décrire les actions les plus abominables. (Cette cri-tique parait juste. )

(e) ( Tous les termes dont l’éloquence), phrase louche par clic-même,

et qui laisse en doute d’abord, si on ne veut pas dire tous les termesVéloquence desquels. ( On pourrait ajouter que la phrase serait en-core mauvaise dans ce dernier sens ; car on ne dit point l’éloquerwe 1

des termes. D ailleurs cette expression, tous les termes dont on peut 1

former l’éloge des héros , est-elle bien correcte et bien élégante ? Ondit bien les mots dont est formé un mot composé, mais on ne ditpoint les termes dont est formé un éloge, un discours. )

(f) ( Nous avouons, sire, que vous nous en avez fait sentir plusd'une fois et le défaut et la faiblesse.) Ces mots-là, de la manièredont ils sont rangés , Imit tout un autre sens que celui qu’on a voulu jdonner. On a voulu dire que le roi nous faisait sentir la faiblesse et b 1pauvreté de la langue : et au contraire cette phrase , telle qu’elle est, si'gnilic qu’il nous a lait sentir le délaut et la laiblessc des héros. (Il ^certain que la phrase pouvait etre écrite plus correctement ; et la t*-"marque qu’on fait est juste dans la rigueur grammaticale ; mais ^sens est clair. )