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Tome deuxième.
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DE REGNIER DESMARAIS. 463

verses nations ; il faut qu’il ait subjugué (les nations entières. Or celane se peut pas dire du roi, quoique ses victoires et ses conquêtes soientplus grandes et plus glorieuses par elles-mêmes que celles des princesqui ont subjugué plusieurs nations. [Pourquoi ajouter à une critiquetrès-juste cette dernière phrase d’adulation qui la dépare ?)

(p) (Le vengeur des /vis.) Cette épithète ne convient pas non plus.Il faudrait, pour qu’elle fût fondée , que le roi eût effectivement rétablile roi d'Angleterre sur le trône. Tant qu’il ne l’y rétablit point, il estson protecteur, son appui, mais il n'est point son vengeur; le mot devengeur supposant un homme qui non-seulement a pris quelqu’un soussa protection, mais qui l’a effectivement vengé de ses ennemis et rétablidans son premier état.

(q) (Une protection si glorieuse.) La construction souffre ici; caril ne suffit pas que sous le terme de protecteur , celui de protection soitenfermé , pour dire ensuite absolument une protection si glorieuse : maisil faut nécessairement que celui même de protection ait été exprimé : cesmots une si glorieuse étant de même nature que le pronom démonstra-tif ce, qu’on ne peut jamais employer sans que le terme auquel il serapporte ait été déjà employé peu de temps auparavant, ou sans ajouterensuite quelque chose qui marque précisément de quoi il s’agit. Ainsi,après avoir parlé de la protection dont le roi honore l’Académie, onpeut bien dire , une si haute protection , sire. Que si on ne s’est pointencore servi du mot protection, il faudra dir c,une si haute jjrotection quecelle dont vous nous honorez , ou quelque autre chose de semblable;car si l’on n’ajoute rien après une si haute protection, dans un cas où lemême mot n’a pas précédé encore une fois, il n’y a point de construc-tion. (Cette critique parait malfondée. Il n’est pas. nécessaire que lemot de protection se trouve dans la phrase précédente. C’est tout auplus ce que l’on pourrait exiger , s’il y avait ici, cette protection, auUeud ’une protection; encore y a-t-il beaucoup de bons écrivains quine s’astreindraient pas à celle contrainte. Nous ajouterons que laphrase proposée par l’abbé liegnier, une si haute protection que celledont vous nous honorez, n’est pointfrançaise ; ilfaut dire, une aussihaute protection que celle dont vous nous honorez. )

Si glorieuse. En parlant des grandes actions du roi, c’est fort biendit, des actions si glorieuses , parce que c’est à lui quelles apportentde la gloire. Mais en parlant de la protection que le roi nous donne,tomme ce n’est pas à lui, mais a nous qu elle fait honneur, il faut let'arquer et dire, une protection qui nous est si glorieuse.

Ce qu’il y a encore à observer sur cette phrase, combien nous honoreUne protection si glorieuse , c’est qu elle roule sur des termes qui nedisent à peu près que la même chose ; et qu ainsi elle tomberait dans lev 'ce où tomberait celui qui dirait : Je sens combien me fait de plaisiru> ‘e chose si agréable ; ou je sens combien m’est utile une chose siAvantageuse ; car l'honneur et la gloire ne sont pas plus distincts cuiretUx qu e l’agrément et le plaisir , que l’avantage et futilité.