fin NOTES SUR L’ÉLOGE
(h) (Ce qui nous console.) Voilà encore un endroit où l'expressionfait tort au sens ; car si l’Académie est véritablement touchée de ce quiregarde la gloire du roi, ce ne doit pas être un sujet de consolationpour elle, de ce qfle les autres langues ne sont pas plus capables que lanôtre de donner une juste idée des actions d’un si grand prince. On nepeut avoir raison de s’exprimer de la sorte, que quand on veut bienlaisser voir qu’on n’agit que par émulation. Mais hors de là il est mal dedire qu’on se console de ne pouvoir pas bien faire, parce que d’autresne peuvent pas faire mieux. ( Celte critique parait encore bien sévère,en. mettant toujours à part l’exagération ridicule de l’éloge. L’Aca-démie se console de ce que les autres langues ne sont pas plus richesque la langue française, parce qu’il en résulte que ce n’est pas lafaute des académiciens, s’ils ne sont pas plus éloquens dans leslouanges qu’ils donnent au roi. )
( l ) ( C’est que sur un pareil sujet les autres langues n'auraientaucun avantage sur la nôtre. ) Do ces deux sur, le premier est peut-être impropre ; car on ne dit pas avoir avantage sur quelqu’un, surquelque chose, mais en quelque chose. Do plus, l’exactitude et lapureté du style ne souffrent pas qu’on mette dans un petit membre depériode , deux sur, qui dépendent tous deux d’un même régime.
(ni) (De brillant et de sublime dans leurs plus fameux panégy-riques.) A prendre le mot de panégyrique dans un sens étroit, celan’irait pas loin. Ainsi je ne doute point que par les plus fameux pané-gyriques , on n’ait eu en vue tout ce que les anciens (lices et Romainspeuvent avoir fait de plus achevé, en matière de louanges, dans tousleurs ouvrages. Mais en même temps aussi je crois que c’est une exagé-ration, et trop forte en elle-même , et vicieuse outre cela quant au senset quant à l’expression , que de dire que ce qu’il y a de plus brillant etde plus sublime dans l'éloquence, ou grecque ou romaine , ne puisse pasavoir assez de force et assez d'éclat pour soutenir le simple récit desvictoires du roi. D’ailleurs le brillant, le sublime et l'éclat ne sont pointfaits pour soutenir; et un simple récit des victoires du roi ne doit pointêtre soutenu. ( On pourrait ajouter que soutenir un récit, se dit pourl’ordinaire dans un sens très-different de celui qu’on y donne ici.•le n’ai pu soutenir le récit de vos malheurs , c’est-à-dire , je n’ai pule supporter.)
(n) (Qu’il nous soit permis, sire, de détourner les yeux d’uidgloire si éclatante.) Je ne blâme point celte phrase; mais pourtant h’-'yeux d’une gloire peuvent trouver de mauvais plaisons. (Cesplaisan''auraient bien envie de l’être.)
(o) ( Le vainqueur des nations. ) Pour pouvoir dire qu’un prince e stle vainqueur des nations . il ne sullil pas qu’il ait été toujours victorien*dans toutes les guerres qu’il a ou entreprises ou soutenues contre dt"