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Tome deuxième.
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4:8 ÉLOGE DE CTI AMILL ATI T.

donner quelques inslans aux objets profanes dont nous nous oc-cupons ; et l’Académie, qui doit être essentiellement une sociétéde gens de lettres , ne doit pas finir par être un concile. C’esttout au plus ce qu’elle pourrait être, si on avait suivi le plan queproposait Gonibault , l' 111 de nos anciens académiciens, dansun projet de réglement pour la compagnie. Ce poète , apparem-ment chrétien zélé , tout hérétique qu’il avait le malheur d’être ,voulait que chacun de nous s’oldigeAt solennellement à composertous les ans une grande ou petite pièce à l’honneur tle Dieu. 1 IIest certain qu’une longue liste d’évêques eût fort illustré ce re-cueil édifiant de cantiques ou de sermons ; mais le projet n’ayantpas été agréé , la multitude des prélats nous est devenue moinsindispensable. a

L’abbé d’Olivet, parlant dés évêques académiciens dont lacompagnie ne doit pas trop multiplier le nombre, dit qu’il fautdu sel pour assaisonner les meilleures viandes , mais qu’il enfaut avec modération, lii journaliste connu par ses satires, au-jourd’hui oubliées , contre la compagnie et ses membres, a crufaire une excellente plaisanterie, en observant que, suivant l’abbéd’Olivet , les évêques sont apparemment le sel de VAcadémie ,comme ils sont le sel de la terre ; vos estis sal terra;, dit Jésus-Christ à ses apôtres , dont les évêques, comme l’on sait ,,sontles successeurs. Ce froid et injuste sarcasme n’empêchera pas lesnoms des lîossuct, des Fénélon , des Massillon , des Fléchier etde leurs semblables, d’être aussi nécessaires qu’honorables ànotre liste , où le public nous reprocherait de ne les pas trouver.Ouant à d’autres noms du même genre, respectables d’ailleurs,mais moins imposons que ceux-ci, ils ne doivent y être que lé-gèrement clair-seinés, et c’est là le sel que l’abbe d’OIivct nousavertit de répondre sur la compagnie , avec autant de choix quede modération. Nous ne parlons point des prélats qui , sans la-lens comme sans vertus , si par malheur il s’en trouvait jamaisîle tels, joindraient à ce double titre d’exclusion la haine deslettres et des lumières, et le fanatisme politique de l’hypocrisieambitieuse ; de tels membres (dont le ciel veuille préserver l’A'cadémie et l’Eglise ) seraient le plus détestable fléau d’une so"ciété littéraire , et le présage funeste de sa ruine ’ !

1 I.'académie des Intronaii de Sienne avait pris pour sa devise les s 1 *maximes .suivantes : t°. orare (prier); a°. slmlerc (étudier); 3". eiiiulere ( s ‘• ‘ ~ -s ... véee

réjouir); j" neminem terilere (n’oflènscr personne); 5°. non temerè

légèrement) ; fi°. de munit o nnri rurnre ( laisser aller le mon 11lait apparemment que l’Académie Française adoptât surtou 1 ^première de ces maximes : elle se contente d’en observer quelques unes,ce sont celles qui ont paru les plus convenables à une société littéraire. ^^3 Un des plus nobles rAlcs que puissent jouer dans l’Académie les I !rt

(ne pas croire légèOombault vou