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ELOGE
pourquoi les empêcher iCoublier un moment combien ils sontmalheureux ?
On a loué avec justice le inot d’un homme de lettres, envoyant sa bibliothèque détruite par un incendie : Je 11 auraisguère profité de mes livres, si je ne savais pas les perdre. Lemot de Fénelon, qui perdit aussi tous ses livres par un accidentsemblable est bien plus simple et plus touchant : J’aime bienmieux , dit-il, qu’ils soient bridés , que la chaumière d’unepauvre famille (i).
Il allait souvent se promener seul et à pied dans les environsde Cambrai ; et, dans ses visites diocésaines , il entrait dans lescabanes des paysans, s’asseyait auprès d’eux , les soulageait etles consolait. Les vieillards qui ont eu le bonheur de le voir ,parlent encore de lui avec le respect le plus tendre. Voilà , di-sent-ils , la chaise de bois oh notre bon archevêque venait s’as-seoir au milieu de nous ; nous ne le reverrons plus ! et ilsrépandent des larmes.
Il recueillait dans son palais les malheureux habitons des cam-pagnes, que la guerre avait obligés de fuir leurs demeures, lesnourrissait et les servait lui-même à table. Il vit un jour unpaysan qui ne mangeait point, et lui en demanda la raison-flêlas ! monseigneur, lui dit le paysan, je n’ai pas eu le temps,en fuyant de ma cabane, d’emmener une vache qui nourrissaitma famille, les ennemis me l’auront enlevée , et je n’en trou "verni jms une aussi bonne. Fénelon , à la faveur de son sauf"conduit, partit sur-le-champ, accompagné d’un seul domestique»trouva la vache, et la ramena lui-même au paysan. Malheur 11ceux à qui ce trait attendrissant ne paraîtrait pas assez uold®pour être raconté 1 devant une assemblée si respectable et sldigne de l’entendre !
La simplicité de sa vertu obtint le triomphe le plus flatte« ret le plus doux dans une occasion qui dut être bien chère à s 0 * 1cimir. Ses ennemis , car, à la honte de l’humanité , Fénélon <n‘des ennemis , avaient eu la détestable adresse de placer aup ,es!e lui un ecclésiastique de grande naissance , qu’il croyait n’êt>®pie son grand-vicaire , et qui était son espion. Cet homme, <I ulavait consenti à faire un métier si vil et si lâche , eut le coumS®de s’eu punir ; après avoir observé long-temps l’âme doucepure qu’il était chargé de noircir, il vint se jeter aux pieds' .Fénélon en fondant en larmes, avoua le rôle indigne qu’ 011avait fait jouer, et alla cacher dans la retraite son désespoir et sboute.
1 Cet éloge du Fénélon a été lu Ma séance publique du 20 août ii'jg.encore !> la séance particulière du 17 mai 1777, h laquelle l’empereur ass‘ s
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