Band 
Tome deuxième.
Seite
489
JPEG-Download
 

DE FENELON.

4*>

ni

en

iis

Le

nt

en

ne

ms

les

et

ir ?di-

I.V-

ils

m-lesunon.ps,mitoh-uf-uc,ir à)b\et si

:euf

sou

eut

près

êtrequiragee c {s îleIu‘

;t S a

'a «••■e,i>W'

Ce prélat, si indulgent pour les autres , n’exigeait point qu’onle fût pour lui ; non-seulement il consentait qu’on se montrâtsévère à son égard, il en était même reconnaissant. Le P. Sé-raphin , capucin , missionnaire plus zélé qu’éloquent, prêchait àVersailles devant Louis XIY. L’ahbé de Fénélon , alors au-mônier du roi , était au sermon , et s’endormit. Le P. Séraphinl’aperçut , et s’interrompant brusquement au milieu de son dis-cours, Réveillez , dit-il, cet abbé qui clorl, et qui apparemment>l’est ici que jiourfaire sa cour au roi. Fénélon aimait à racontercette anecdote ; il louait, avec la satisfaction la plus vraie , leprédicateur qui avait montré tant de liberté apostolique , et leroi qui l’avait approuvé par son silence. A cette occasion, il ra-contait qu’un jour Louis XIY fut étonné de ne voir personne ausermon , où il avait toujours remarqué la plus grande afiluencede courtisans, et où Fénélon se trouvait en ce moment presqueseul avec le roi. Ce prince en demanda la raison au major de sesgardes. Sire, répondit le major, j’avais fait dire que voireMajesté n’irait point au sermon ; j’étais bien aise que vous con-'iitssiez par vous-méme ceux qui y viennent pour Dieu, et ceuxr Jui n’y viennent que pour vous.

Si Fénélon avait donné ù la cour le mauvais exemple de dor-mir à un mauvais sermon , il y donna dans une autre occasionttne leçon de régularité bien rare. Lorsqu’il eut été nommé à1 archevêché de Cambrai , il remit son abbaye de Saint-Valçry,pour ne pas violer, disait-il, la loi de l’Kglisc qui défend de pos-séder plusieurs bénéfices. L’archevêque de Reims , Le Tellier ,que cette loi n’effrayait pas autant, mais que cet exemple effrayabeaucoup, dit à Fénélon : Vous allez nous perdre (a).

Son amour pour la vertu était si tendre, et pour ainsi dire sidélicat, que rien de ce qui pouvait lui porter les atteintes lesPlus légères ne lui paraissait innocent. Il blâmait Molière de^ avoir représentée dans le Misanthrope , avec une austérité"dieuse et ridicule. La critique pouvait n’être pas juste; mais le“Uotif qui la dictait honore la candeur de son Ame. Celle critique*st même d’autant plus louable, qu’on ne peut l’accuser d’avoirné intéressée ; car la vertu douce et indulgente de Fénélon étaitéloignée de ressembler à la vertu sauvage et inflexible du^aiithrope. Au contraire , Fénélon goûtait beaucoup le Tar-l'ife; plus il aimait la vertu naïve et sincère, plus il en détestaitf: masque, qu’il se plaignait de rencontrer souvent à Versailles,j^.ldus il applaudissait à ceux qui essayaient de l’arracher. Il ne, ^'sait pas, comme Baillet, un crime à Molière d’avoir usurpé lei des ministres du Seigneur, pour reprendre les hypocrites ;

e,1 élou était persuadé que ceux qui se plaignent qu’on leur