4<j8 NOTES SUR L’ÉLOGE
dakniBC, qui n’attaquaTC que la religion, et ne tuuchwt point à leursociété.
Nous avons parlé dans l’éloge de Fénelon, de la diatribe de Bour-daloue contre le Tartuje . On ne sera peut-être pas lâché de la trou-ver ici.
a Comme la vraie et la fausse dévotion ont je ne sais combien d’ac-» lions qui leur sont communes; comme les dehors de l’une et de» 1 autre sont presque tous semblables, il est non-seulement aisé , maisa d une suite presque nécessaire, que la même raillerie qui attaquea l’une intéresse l’autre, et que les traits dont on peint celle-ci inlé-b ressent celle-là ; et voilà ce qui est arrivé lorsque des esprits pro-b fanes ont entrepris de censurer l’hypocrisie, en faisant concevoir* d injustes soupçons de la vraie piété par de malignes interprétations» de la fausse. Voilà ce qu’ils ont prétendu en exposant sur le théâtrea et à la risée publique un hypocrite imaginaire ; en tournant dans sa» personne les choses les plus saintes en ridicule; en lui faisant blâ-b mer les scandales du siècle d’une manière extravagante ; en le rc-» présentant consciencieux jusqu'à la délicatesse et au scrupule sur des» points moins importuns , pendant qu’il se portait d’ailleurs aux crimesb les plus énormes; en le montrant sous un visage de pénitent, qui» ne sert qu’à couvrir ses infamies ; en lui donnant enfin, selon leurs» caprices, un caractère de piété le plus austère , mijis dans le fond le» plus mercenaire et le plus lâche. » Il résulte de cette étrange logique,qu’il ne faut pas mettre les fripons sur le théâtre, en conséquence duproverbe, que rien ne ressemble tant à un honnête homme qu’unfripon. Nous ne dirons rien du style de ce morceau , style qui doitun peu étonner, si on le rapproche de la réputation du prédicateur.
On peut juger par ce passage de Bourdaloue, l’un des ennemis lesplus modérés du Tartufe, de tout ce que Molière eut à essuyer d'im-putations et de cabales au sujet de cet immortel ouvrage: aussi, quandil rencontrait par hasard quelques véritables gens de bien qui le re-merciaient d’avoir , dans cette pièce, donné à la vraie vertu tout sonéclat, en l’opposant à la vertu fausse et perfide. «Je ne sais, disait ceb grand homme, si j’ai réussi comme je le voulais à peindre la vraie» vertu et à la laire aimer ; mais j ai éprouvé combien il est dangereux» de prendre ses intérêts : car, au prix qu’il m’en coûte, je me suis» plus d'une fois repenti de l'avoir l’ait. »
Les déclamations de Bourdaloue et de sa compagnie sur la pièce deMolière , ne sont pas le seul exemple d’une pareille injustice. Croirai 1 'on que le docteur célèbre Jean Gerson, d’ailleurs si estimable par so' 1travail et par sa piété, l’âme et l’oracle du fameux concile de (Jo» s 'tance , ait écrit avec amertume contre le roman de la Rose , en hai ,lCd un vers de ce roman , qui malheureusement est devenu proverbe ) < I l,tL’habit ne fait pas le moine.
Le chrétien vertueux aurait pu trouver dans cet ouvrage plein d'ol>- ,fC 'mtés, des objets bien plus graves de censure, qu 'une vérité si