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Tome deuxième.
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DE FÉNELON. 4 9 q

ntr.nl mcotUesUsble ; malt le prêtre n’a TU que la satire Je Sou état,ou plutôt a cru la voir où elle n'est pas ; et l’intérêt de la religion, desmœurs et de la décence , a cédé à l’intérêt de sa robe. Fénelon , eu pa-reille circonstance, eut été plus chrétien que prêtre.

(4) Un hotnme d’esprit, à qui on racontait les traits si multipliés decette soumission, dit plaisamment qu’en effet l’archevêque y avait mistoute la coquetterie de l’humilité ; mot un peu précieux, mais fin etassez juste : car l’humilité, différente en cela de la modestie, est unevertu qui aime à se montrer aux yeux des autres, parce qu’en se mon-trant elle flatte leur vanité, bien loin de l’offenser ; elle suppose pourl’ordinaire dans celui qui la fait paraître, un sentiment secret d’amour-propre ou même d’orgueil qu’elle réprime avec effort, eu désirant qu’onlui sache gré de sa victoire. La bulle du pape contre le livre des Maximesdes Saints n’aVait pas sans doute convaincu Fénelon, et ne pouvaitmême le convaincre , puisqu’elle ne lui donnait pas de nouvelles lumièressur scs opinions théologiques ; mais elle l’avait soumis , parce qu’il re-gardait cette soumission comme un devoir ; et après toutes les vexa-tions qu’il avait souffertes , il lui était permis, pour fermer la boucheù ses adversaires, de mettre dans son obéissance une sorte de raffinementet de recherche qui devait bien plus les embarrasser que n’aurait faitsa résistance à la décision du saint-siège. Il y a toute apparence queBossuet, s’il eût été condamné par le pape , ne se serait pas montré sidocile.

Le zèle que témoigna Louis XIV pour faire condamner à Borne ceque l’évêque de Meaux appelait la dangereuse hérésie de l’archevêquede Cambrai, était de plus vieille date que le livre de Fénélon. Vingtans auparavant, le docteur Molinos , théologien espagnol et grand di-recteur de femmes, avait prêché , imprimé, enseigné à scs dévotes lesmaximes du quiétisme. Louis XIV apprenant l’existence de cette nou-velle secte, se montra zélé pour la détruire ; et, quoique Molinos ne fûtni son sujet, ni dans son royaume, il supplia instamment le pape In-nocent XI de le condamner. Le pape , qui aimait Molinos, et qui peut-être ne voyait pas , comme le monarque, tout le danger de cette di-mérique doctrine , eut assez de peine à faire ce que le roi très-chrétiendésirait de lui ; il ne céda qu’aux sollicitations pressantes et réitérasdo l’ambassadeur de France, à qui sou maître recommandait vivementle succès de cette grande affaire, et la nécessité de réprimer dans sanaissance une erreur qui s’insinuait, disait-il, si agréablement dansles esprits. Les extases des dévotes quiétistes justifiaient assez cetteexpression du monarque. Mais l’âme pure de Fénélon était bien éloignéede donner dans ces écarts.

U n’est pas fort surprenant que l’imagination vive et pieuse de l’ar-chevêque de Cambrai, et l’imagination impétueuse et théologique de1 évêque de Meaux son rival, aient produit les ouvrages de ces deuxprélats sur les questions creuses du quiétisme. Mais on peut être étonné'iu’uu philosophe tel que Lu Bruyèrp ait pris la paiuc d’écrire sur ce