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Tome deuxième.
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DE J EAÎS D’ESTRÉES. 5iô'

du nom illustre qu’elle était obligée d’elfacer de sa liste. La Fon-taine avait été remplacé de même par un académicien qui joi*—gnait la naissance aux talens *. Racine n’avait *pu l’être d’nnemanière convenable que par son ami "Valiucourl ; et le frère seuldu grand Corneille avait osé lui succéder.

NOTES.

(i) Aj'adulation la plus inepte faisait quelquefois à Louis XIV desréponses semblables à celle de l’abbé d’Estrécs, sur la perte des dents.I.c monarque, dans sa soixantième année, demandait à un courtisanquelâge il avait : Sire, l’âge de tout le monde , soixante ans. 11 de-mandait à un autre quelle heure il était : Sire, l’heure qu'il plaira àvotre majesté. Un aimera mieux la réponse de Lully à un duc et pairqui lui reprochait de ne pas être prêt à commencer l’opéra , quoique leroi fût arrivé : Le roi, dit Lully, est le maître ; il peut attendre tantqu’il lui plaira.

Une réponse d’un genre bien différent, parce qu’elle est en mêmetemps une leçon , une épigramme, et presque une vérité , c’est le mold’un philosophe à un financier qui SC plaignait que les pauvres richeslie fussent pas heureux malgré leur opulence : Bon, lui dit le philo-sophe, qui est-ce qui est heureux ? des misérables.

( 2 ) On cite, avec raison, comme un chef-d’œuvre, le tableau( très-connu ) des fonctions du magistrat de la police , dans l'éloge deM. d’Argenson , par Fontenelle. La peinture que ce même acadé-micien fait ensuite de M. d'Àrgcnson dans scs audiences, quoiquemoins citée, nous paraît du moins aussi digne d éloges , par la linesse,

I intérêt et la noblesse que l’auteur y a su répandre. « Environné cl» accablé, dans ses audiences, d’une foule de gens du menu peuple» pour la plus grande partie , peu instruits même de ce qui les amenait,» vivement agités d’intérêts très-légers et souvent très-mal entendus ,

* accoutumés à mettre à la place du discours un bruit insensé , il 11 ’a-» vait ni l'inattention, ni le dédain qu’auraient pu s'atlircr les per-» sonnes ou les matières ; il se donnait tout entier aux détails les plus

* vils, ennoblis à ses yeux par leur liaison necessaire avec le bien pu-

II blic; il se conformait aux façons de penser les plus basses et les plus

* grossières ; il parlait à chacun sa langue , quelque étrangère quelleJ1 lui fût; il accommodait la raison a 1 usage de ceux qui la connais-n saient le moins ; il conciliait avec bonté des esprits laroucbes, et

n’employait la decision d’autorité qu’au défaut de la conciliation.

* Quelquefois des contestations peu susceptibles ou peu dignes «l’un

P oyez l’article de l'abbé de CicrcnibauU.