5iG NOTES SUR L’ÉLOGE, elc.
» jugement sérieux, il les terminait par un trait de vivacité plus eon-» venablc et aussi efficace. Il s’égayait à lui-même , autant que la raa-» gistrature le permettait, des fonctions souverainement ennuyeuses et» désagréables, et il leur portait de son propre fonds de quoi le sou-» tenir dans un si rude travail. »
(3) Le grand Corneille pensa avoir un successeur, sinon plus dési-rable, au moins plus qualifié que son frère. Comme on était sur lepoint de remplir sa place, Racine, alors directeur , demanda une sur-séance de quinze jours , parce que M. le duc du Maine , âgé d’environquatorze ans, témoignait quelque désir du fauteuil académique. Onimagine bien que le délai fut accordé par acclamation ; on voulut mêmecharger Racine d’assurer le prince que, quand il n’y aurait point deplace vacante, il n’y avait point d’académicien qui ne fût ravi demourir pour lui en faire une '. Nos prédécesseurs étaient, comme l’onvoit, autant de Dccius, prêts à s’immoler pour l’honneur de la patrie.Mais le protecteur de l’Académie se montra plus difficile en cette occasionque l’Académie même ; la grande jeunesse de M. le duc du Maine em-pêcha le roi de donner son consentement à celte élection ; et les mânesde Corneille furent privés de l’honneur d’être loués par un prince.
ELOGE DE GASPARD ABEILLE A
IIitant venu jeune à Paris , il s’y fit connaître de bonne heureavantageusement, et fut introduit auprès du célèbre maréchalde Luxembourg , qui se l’attacha en qualité de secrétaire. Non-seulement il mérita la confiance et la faveur du maréchal parson attachement et par sa probité , il obtint aussi dans cetteplace 1 estime des personnes les plus distinguées par leur rang tqui , ayant contribué aux victoires de ce grand capitaine etpartagé ses lauriers, formaient à la cour sa société intime. L’abbéAbeille, admis dans cette société brillante, se fit goûter par I e3agréinens de son esprit, pas sa gaieté naturelle, par des plaisan-teries auxquelles il savait donner une forme piquante, et ce-pendant assez mesurée pour ne sortir jamais des bornes de l acirconspection et de la décence. On ne saurait assez dire au*gens de lettres, quelquefois trop flattés de la redoutable fan 1 *'linrité des grands , « que celte familiarité, s’ils ont l’imprudeuc e
1 P">Yt'z le clioix des anciens 71 levcures, t. a-, p. 1 .
3 Prieur de Notre-Dame de la Mcrcy, né à Riez en Provence, enreçu â la place de Charles Boileau , le 11 août j mort le 22 mai 1718*