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ELOGE DE YALON. Ga3-
Louis XIV, qui devait à Ja nature seule toutes ses bonnes qua-lités, et à sa seule éducation tous ses défauts, ne sentait quetrop combien cette éducation avait été négligée, pour ne riendire de plus ; et comme il ne pardonnait pas à ses instituteursce crime envers l’État, il ne voulait pas s’en rendre coupable lui-même à l’égard de son fils. Il n’oubliait donc rien pour donnerà l’éducation de ce fils toute la perfection que la nature exigeaitd’un père et la France de son souverain ; il désirait au moins den’avoir aucun reproche à se faire, si le succès de cette institu-tion si importante ne répondait pas à sa sollicitude royale et àses vues paternelles. En plaçant auprès du dauphin les plus ex-cellens maîtres en tout genre, il crut devoir joindre aux avan-tages précieux de leurs leçons , l’aiguillon plus puissant encorede l’émulation et de l’exemple, et voulut donner dans le jeuneMimeure une espèce de rival à sonfds. Le rival, tout jeune qu’ilétait , eut l’art de se faire aimer du prince , en contribuant àanimer ses études. La faveur dont l’honora l’héritier de la cou-ronne ne se refroidit jamais, parce qu’il ne cessa jamais de la-mériter ; et le dauphin s’attacha jusqu’à la fin de sa vie cecompagnon de ses premiers travaux et de ses premiers plaisirs.
M. le marquis de Mimeure, en suivant avec ardeur la routebrillante que lui offrait la fortune, n’ouhlia pas les lettres , quila lui avaient ouverte de si bonne heure ; il cultiva avec succès ,non-seulement les muses françaises , mais encore les museslatines, qui étaient alors plus accueillies, même à la cour, qu’ellesne le sont aujourd’hui de la plupart des gens de lettres. Il fut àla fois et rival d’IIorace en latin , autant qu’un moderne peutaspirer à lelre, et traducteur français plus digne encore de cepoète, si admirable quelquefois et toujours si aimable.Voltaireuous assure que Y Ode à Vénus, imitée d’IIorace par M. lemarquis de Mimeure, n’est pas indigue de l’original ; la décisiond’un si grand juge est, pour l’auteur de la pièce , une attestationde talent poétique. Cette ode n’ayant paru que dans quelquesAccueils, et étant aujourd’hui assez peu connue, nous croyonsdevoir la mettre ici sous les yeux de nos lecteurs (i) , comme le
Principal titre académique de M. le marquis de Mimeure. Env °yaut de quelle manière il a imité l’ode latine, car ce n’estc l u ’uue traduction très-libre , nos lecteurs décideront si Voltaire
a
été rigoureusement juste dans le jugement qu’il a porté de1 °de française, ou s’il n’a été qu’indulgent pour un amateur■''ee lequel il avait été lié dans sa jeunesse. Ceux qvd pourraient' Ge plus sévères que lui, doivent eu même temps ne pas oublierr l l, e celte ode est l’ouvrage d’un poète courtisan et homme del> l| ene, qui ne làisait des vers que par délassement, et qu’il est