Caa NOTES SUR L’ÉLOGE D’ABEILLE.
robe, mais parce que la chute de Lyncëe , une de ses tragédies , luiavait fait craindre d’essuyer une autre fois trop publiquement la mêmedisgrâce.
(3) Par ces détails sur notre académicien, on peut apprécier uneautre épigramme qui fut laite contre lui, et que nous ne craignons pasde rapporter , parce qu’elle est démentie par tous les faits racontésdans cet article. La meilleure réponse à une épigramme injuste , est dela laire connaître. Nous en avons d’ailleurs une autre raison que nousdirons dans un moment.
Abeille , arrivaut à Paris ,
D’abord pour vivre vous chaulâtesQuelques messes à juste prix ;
Puis au théâtre vous lassâtesLes sifflets par vous renchéris ;
Quelque temps après fatiguâtesDe Mars l’un des grands favoris ,
Chez qui pourtant vous engraissâtes ;
Enfin, digne aspirant, entrâtesChez les quarante beaux-esprits ,
Et sur eux-mémes l’emportâtesA forger d’ennuyeux écrits.
Cette épigramme ne saurait être de Racine, à qui des faiseurs debrochures l’ont attribuée, puisque ce grand pocte était mort quandlabbé Abeille fut reçu à l’Académie Française. Mais on a cru rendrel’cpigramme meilleure en la décorant d’un si beau nom, sans avoirmême le bon sens de voir que Racine, membre de l’Académie, n’auraitpas eu la sottise de se qualifier lui-même d’ennuyeux écrivain. L’illustreauteur de Phèdre avait assez d’épigrammes satiriques à se reprocher ,pour qu’on doive se faire un scrupule de lui imputer en ce genre despéchés qu’il n’a pas commis.
ELOGE DE VALON 1 .
Sorti très-jeune de sa province, avec des talens précoces etun caractère aimable, il fut produit à la cour, et place auprèsdu dauphin , fils de Louis XIV, en qualité de page , mai*de page distingué et chéri; on l’associa, par ordre du roi, »tous les amuseinens du jeune prince, et surtout à ses éludeS’
■ Jacques-Louis Valon, marquis de Mimcurc, lieutenant-général des arme®*du roi, né h Dijon, lo i;j novembre i 65 t) ; reçu à la place de Louis Cousit 1 »le t". décembre 1707; mort le 3 mars 171 y.