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estimait le blason ce tju’il valait, croyait en même temps avecraison que la jeune noblesse ne pouvait se passer d’en être ins-truite , puisqu’elle est destinée à vivre avec des hommes qui ,pour la plupart, y attachent tant d’importance. Il avait l’éduca-tion de cette jeune noblesse extrêmement à cœur; car il nevoyait que trgp , par quelques exemples qu’il avait sous les yeux,combien l’ignorance dégrade et ternit les noms les plus illustres.Il ne voulait pas que, tandis qu’une partie de la nation , vouéepar la nature à l’obscurité , y échapperait par son génie , ethonorerait la France par ses ouvrages , la partie de cette mêmenation faite pour succéder à ses aïeux dans les postes éminens,déshonorât ces postes en se montrant incapable de les remplir,et que des hommes destinés en naissant à devenir les premiersde l’Etat, en restassent les derniers parles talens et les lu-mières. Pénétré de ces vues , si digues d’un sage instruit et ver-tueux , l'abbé de Dangeau mit tous ses soius à les remplir.Le roi avait donné à son frère, le marquis de Dangeau, lagrande maîtrise de l’ordre deSaint-Lazarre ; les deux respectablesfrères convinrent d’employer le revenu de cette place à l’établis-sement d’une pension, oh l’abbé de Dangeau faisait élever sousses yeux plusieurs enfans des premières maisons du royaume (<f).On y admettait même quelques jeunes gens, qui, sans êtredistingués par la naissance , annonçaient des talens dignes d’êtrecultivés, et pouvaient être pour leurs condisciples des objetsutiles d’émulation. Duclos avait reçu la première éducationdans cette'excellente école; il en parlait souvent avec la plusvive reconnaissance; et il n’a manqué à la mémoire de son bien-faiteur, que de recevoir dans cette séance et au nom de l’Aca-démie, les hommages et les regrets d’un si digne panégyriste.
La probité de l’abbé de Dangeau, son savoir , sa naissance,l’usage enfin qu’il avait de la cour, tout semblait l’appeler àl’éducation du duc de Bourgogne. Mais une femme, alors très-puissante, ne l’aimait pas; elle fit nommer Fénéloti, et pourcette fois au moins la faveur sembla , contre son usage , avoirpris conseil de la justice. Exposée dans une occasion si intéres-sante à une foule de mauvais choix, qu’elle étaiL bien digne defaire, elle eut le bonheur de tomber sur le seul homme qu’ülui fût permis de proférer à l’abbe de Dangeau. Personne e * 1en effet, excepté Fénelon , ne paraissait plus laitpour une place,ou les qualités du citoyen et du sage sont encore plus nécessaire*que celles de l’homme de lettres. L’abbé de Dangeau réunissaitles unes et les autres. Il était d’autant plus éloigné de l’adulali 011 »qu’il la repoussait avec dédain lorsqu’elle s’adressait à lui, ayan*un mépris égal, et pour la bassesse qui offre l’encens, et pour