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Tome troisième.
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j6 NOTES SUR L’ARTICLE

» quels l’Académie peut régler les siens sans aucune contrainte et saris» aucune condition. Je bornais mon ambition à être votre ami, inon-» sieur, on m’a tenté ; et je la laisse aller jusqu’à ne pas rougir d’être» votre confrère. »

Celle dernière phrase est équivoque, au moins dans les termes ;car elle peut signifier ou que le cardinal regardait le titre ^acadé-micien comme au-dessous de sa dignité, ou qu’il le croyait au-dessusde ses talens : mais ce dernier sens est le seul vraisemblable, (fêtaità coup sûr un compliment que le cardinal voulait faire à Fontanelle,et non une injure qu’il prétendait lui dire.

Ce fut le 3 décembre 1722 que le cardinal Dubois fut reçu, à la placéd’André Dacier, secrétaire de l’Académie. Fontenelle se trouva pourlors directeur, et n’avait encore été chargé d’aucune réception. Il tiraparti assez heureusement de cette circonstance, dans sa réponse aurécipiendaire. « Depuis plus de trente ans , lui dit-il, que l’Académie» m’a fait l’honneur de me recevoir, le sort l’avait assez bien servie,» pour ne me charger jamais de parler en son nom à aucun de ceux» qu’elle a reçus après moi ; il me réservait à une occasion singulière ,» où les sentimens de mon cœur pussent suffire à une fonction si noble» et si dangereuse. »

( 3 ) A l’occasion de cette faute d'impression prétendue, nous remar-querons que les auteurs en ont souvent hasardé par malice, et pourse ménager dans 1 ’errata des plaisanteries, quelquefois bonnes, quel-quefois insipides , quelquefois même indécentes ; espèce de finesse qui,dans tous les cas , nous semble petite et mesquine. Tels sont les errata

suivans : péché original, lisez originel . Ce jésuite attaque dans ses

ouvrages Vhypocrisie, l’ambitioti, l’orgueil, vices communs dans sasociété, lisez dans la société, et plusieurs autres semblables, qu’ilserait inutile de citer ici, parce qu’il y a trop de facilité à les trouver, ettrop peu de mérite à se les permettre 1 . Les seules fautes d’impressionvraiment plaisantes, sont celles qu’on a faites de bonne foi, et d’où résultedans l 'errata une épigrainme d’autant plus piquante, que l’auteur n’ya point pensé. Nous citerons pour exemple l 'errata d’un gazetier, quiest encore un Hollandais ; car celte nation est heureuse en errata. Cegazetier ayant mal lu la lettre de son correspondant, qui lui annonçaitun ouvrage de M. de Réaumur, annonça que ce savant venait depublier le premier volume de son Histoire des Jésuites ; dans l’ordi-naire suivant, il eut soin d’avertir qu’au lieu de jésuites , il fallait lireinsectes a .

1 On peut mettre dans cette classe d’errata épigrammaliques la remarquepins gaie que décente de Riclielet, qu’t/ ne faut pas , avec quelques auteurs ,écrire jésuite avec une s, comme casuiste , rigoriste, mais jésuite sans s,comme sodomite, hypocrite, etc. Le mauvais poète Gacon, dans de mauvaisvers latins, avait fait brève au génitif la seconde syllabe du mot Gaconis ;quelqu'un lui dit que cette seconde syllabe devait être longue, comme danslenonis , nebulonis.

» 11 est défendu par la sainte inquisition d’employer dans les livres le mot