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Tome troisième.
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DU CARDINAL DUBOIS. 17

U11 académicien encore vivant voulait, dans son discours de récep-tion , louer le cardinal de Richelieu d’une manière nouvelle ; entrepriseambitieuse et difficile. S’il eût suivi la première idée qu’il avait eue pourcet éloge, il eût, à coup sûr, déroulé de même quelques lecteurs aussiavisés que le journaliste batave , qui se savait si bon gré d’avoir lu dansle discours de Fontenelle, utile au lieu d 'inutile. Cet académicien seproposait de dire que les adulateurs qui auraient à louer des ministres,accorderaient toujours à Richelieu la seconde place, tant il était sûrde la première, à peu près comme on a été si souvent chercher Trajanet Titus, pour mettre au-dessus d’eux tant de monarques, qui sûrementne les ont pas déplacés. L’académicien avait donc projeté de donner àl’éloge du cardinal la tournure suivante : Ce ministre, au-dessus du-quel on mettra toujours les ministres qu’on voudra exalter. Quelquepériodiste plein d’esprit, car il y en a plus d’un qui entend à demi-mot,n’aurait pas manqué de dire qu 'au-dessus était une faute d’impression,et qu’il fallait lire au-dessous. Ce ne fut pourtant pas un motif de cha-rité pour les journalistes qui détermina l’académicien à supprimer cetlcphrase; c’est qu’en y réfléchissant, elle lui parut avec raison trop sub-tilement épigrammatique ; ceux de ses auditeurs qui auraient le mieuxentendu finesse, auraient jugé, non sans fondement, que cette manièrede s’exprimer, si curieusement éloignée de la forme ordinaire, ren-fermait implicitement un trait de satire trop aiguisé pour être senti parla multitude, et qui par cela même perdrait une grande partie de soneffet ; trait d’ailleurs trop peu sérieux, pour être à sa place dans undiscours académique, qui doit être froid à force d’être grave.

( 4 ) Le discours que le cardinal Dubois prononça à la première séancede l’assemblée du clergé, à laquelle il présida en 172D, était, commenous l’avons déjà dit, 1 ’,ouvrage de Fontenelle, et son discours de récep-tion à l’Académie fut l’ouvrage de La Motte. Nous mettrons ici ces deuxexcellons discours, l’un et l’autre peu connus ; et nous marquerons enitalique, dans le second, les traits qui décèlent évidemment la main deFontenelle, dont ils sont, pour ainsi dire, le cachet et la signature. 11nous semble que dans le discours fait par La Motte, la finesse a uneexpression plus naturelle, et que dans l’autre elle s’exprime avec unesimplicité plus recherchée, mais toujours avec la décence et la mesureconvenables au lieu, à l’auditoire, et même à l’orateur.

Discours de réception du cardinal Dubois à l’Académie Française '.

« Messieurs , je n’avais pas besoin de la reconnaissance que in'im-

de fatum (deslin), parce qu’elle croit ce mot injurieux à la Providence. Unauteur qui avait besoin de ce mot imprima partout dans son ouvrag e facta aulieu de/ata, et fit mettre dans la table des corrections , facta, lisez juta.Un inquisiteur, chargé d’examiner un livre que Naudé voulait faire imprimerà Rome, y ayant lu ces mots : Virgo fala est (la Vierge dit), écrivit à lamarge : Propositio hœretica , nam non clatur fatum ( Proposition hérétique,car il n’y a point de fatum).

‘ Ouvrage de La Motte.