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Tome troisième.
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NOTES SUR L’ÉLOGE

tant de lumière et de pénétration, ne peut manquer de voir as s cil’impuissance.

» Le roi de Siam, après avoir lu la lettre du roi, dit à M. Constance -.Je vois bien que le roi de France me veut faire chrétien , et lui dit cesparoles d'un ton à faire beaucoup espérer. Je crois que c’est pour metenir toujours en haleine, afin que jusqu’au départ de M. l’ambassadeurje ne sache point ma destinée.

» M. Constance est venu voir M. l’ambassadeur, et lui a dit que leroi, en plein conseil, lui avait dit ces paroles : Le roi de France a pourmoi une amitié désintéressée. Il m’envoie proposer de me faire chré-tien : quel intérêt y a-t-il ? Il demande que je m’instruise de sa reli-gion : il ne faut pas le mécontenter, il faut le faire et voir. Grandeparole pour un roi des Indes qui ne sait point dissimule!*, et qui croitqu’il y va de son honneur de ne dire que ce qu’il pense ! La même chosea été rapportée à un missionnaire par le Barkalon, qui dit que la religiondes pagodes était près de sa fin. Nous ne sommes pas assez innocens pourcroire cela tout droit.

» On dit que le roi a donné à RI. Vachet une audience de trois heures ;et qu’après l’avoir fort remercié , il a ajouté ces paroles dignes d’un roichrétien : N’en soyez pas plus orgueilleux, P. Vachet; ce n’est pasvous qui avez fait de si grandes choses en si peu de temps : c’est leDieu du ciel et de la terre qui Va peimis pour sa gloire, et c’est luique nous en devons remercier.

» Oh ! M. l’abbé de Dangeau, la belle chose que la religion chrétienne !que Timoléon a d’obligation à Théophile de lui avoir ouvert l’esprit 1 !.Aussi vous puis-je assurer que, dans la Jérusalem céleste, Timoléons’écriera : Seigneur, si je chante vos louanges , si je vous vois, si je■vous aime, c’est à Théophile, après vous, Dieu de miséricorde, àqui j’en ai la première obligation .

» Ce prince, le roi de Siam, ne sera point damné, il connaît à demila vérité : Dieu lui donnera la force de la suivre. Il a un crucifix danssa chambre : il lit l’Évangile ; il parle de notre seigneur Jésus-Christavec grand respect : tout cela ne suffit pas pour me faire demeurer ici.comme ministre du roi ; mais cela suffit pour nous donner une grandeconsolation. Prions bien Dieu pour ce bon .roi de Siam.

» Le roi me demanda hier s’il était vrai que je connusse le pape. Jelui répondis qu’oui, et que même j’étais le premier homme du monde•qui lui eût baisé les pieds un peu avant son exaltation. Puisque cela est,sue dit-il, je vous prierai de faire à Rome quelques commissions pour,>noi. Il n’en dit pas davantage ; et ce sera à l’audience de congé qu’ilme parlera en forme. Oh ca, avouons la vérité : ne suis-je pas bien heu-reux! cl, ne pouvant demeurer ici, pouvais-je retourner en Europed’une manière plus agréable et plus convenable à un ecclésiastique ? J’aieu le service de Dieu en vue en venant, et je l’aurai encore en rctuur-

1 L’abbc de Dangeau avait fort contiilnu! à la conversion de l’abbé deChois}-.