DE L’ABBÉ DE CHOIS Y. 43
nant. Il est beau pour notre religion, qu’un roi idolâtre témoigne durespect pour celui qui en est le chef en terre ; et lui envoie des présensdes extrémités du monde ; et je crois que le roi sera bien aise de voir levicaire de Jésus-Christ honoré par le roi de Siam , et qu’un de ses sujetssoit chargé d’une pareille commission. »
(7) Le nouveau prêtre était aussi novice dans le sacrement de l’ordre,qu’un certain abbé de Cosnac, dont il a écrit très-plaisamment l’his-toire.
Cet abbé , qui venait d’être nommé if l’évêché de Valence, avait priéun archevêque doses amis de faire la cérémonie de son sacre. L’arche-vêque lui ayant demandé quel jour il avait choisi pour cette cérémonie :Il est nécessaire , répondit l'abbé. (juc -vous me fassiez prêtre aupa-ravant, car je ne le suis pas . Je vous ferai prêtre, répondit le
consécrateur. Mais , dit l’abbé, il faudra que vous me fassiez
diacre . Diacre soit , répondit l’archevêque un peu surpris. Je
vous dirai tout bas , reprit l’abbé, que je ne suis même pas encoi'e
sous-diacre . Oh! pour le coup, répliqua l’archevêque , dépêchez-
vous de me dire que vous êtes tonsuré, de peur que dans cette disettede sacremens , vous ne remontiez jusqu’au baptême.
Voici les réflexions de l’abbé de Choisy, sur les différens ordres dontil venait d’être honoré.
7 décembre.
» J’ai reçu ce matin les quatre mineurs, et demain, s’il plaît à Dieu ,je m’engagerai pour toute ma vie dans l’état ecclésiastique. Il y a deuxans et demi que j’y songe. Je me suis abandonné à M. de Métellopolis :ainsi, j’ai la conscience en repos, et crois prendre le bon parti. »
8 décembre.
« Je suis présentement sous-diacre ; il n’y a plus moyen de reculer,voilà qui est fait. Je ne sais si je serai assez malheureux pour inc re-pentir ; mais je n’en crois rien. »
9 décembre.
« Je suis diacre : c’est bien marcher à pas de géant ; et qui plus est,demain, s’il plaît à Dieu , je serai prêtre. 11 n’y avait pas moyen de faireautrement. »
10 décembre.
« Me voici donc prêtre. Quel terrible poids je me suis mis sur le dos *Il faudra le porter ; et je crois que Dieu, qui connaît 111a faiblesse, 111’endiminuera la pesanteur, et me conduira toujours par ce chemin de rosesflue j’ai trouvé si heureusement chez vous, au sortir des bras de lamort. »
6 janvier.
« Dieu m'a fait la grâce de dire aujourd’hui ma première messe !