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Tome troisième.
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6 a ÉLOGE

teté de mœurs et de principes bien préférable aux meilleursouvrages. Si le nom de Sacy n’est pas au rang de ces nomsimmortels, dont l’Académie et la littérature s’honorent, lesqualités de son âme et la dignité de sa conduite ont renduson souvenir cher à cette compagnie, et son exemple précieuxaux gens de lettres. Peu jaloux de cette célébrité si désiréeet si dangereuse , dont l’éclat flatte quelques momens la va-nité, et dont les orages tourmentent si souvent l’amour-propre ,il sut préférer à une gloire bruyante et disputée une consi-dération douce et paisible ; il n’excita ni l’envie , ni la haine ;il mérita des amis, et il en eut ; il n’essuya point ce # bril-lant, mais cruel anathème que la nature, en faisant naîtreles hommes rares , semble , dit un de nos poètes , avoir pro-noncé sur leur tête , sois grand homme, et sois malheureux. 11prouva enfin , que pour jouir de ce bonheur qu’on cherche tantet qu’on trouve si peu, la sagesse vaut mieux que le génie , l’es-time que l’admiration , et les douceurs du sentiment que le bruitde la renommée. Refuseriez-vous, messieurs, dans un jour con-sacré à l’honneur des lettres , après avoir rassasié vos regards dusuccès et du triomphe des talens 1 , de reposer un moment cesmêmes regards sur la vertu simple et modeste , si digne d’inté-resser vos cœurs et de recevoir vos hommages?

Louis de Sacy, avocat au conseil, et membre de l’AcadémieFrançaise , naquit à Paris en i654- Après avoir fait avec succèsles études ordinaires, il se destina au barreau, et commença detrès-bonne heure à s’y distinguer. Il avait reçu de la nature toutce qui devait assurer sa réputation dans cette carrière , un es-prit juste et pénétrant, une logique nette et précise, une faciliténoble de s’énoncer, une mémoire heureuse et sûre ; il joignaità ces avantages la plus délicate probité , la plus douce aménitéde mœurs, et cette politesse aimable , qui , née déjà franchiseet de la candeur de l’âme, est encore plus dans le cœur que dansles manières. Aussi obtint-il également l’estime des magistrats ,les suffrages du public , la confiance et l’attachement même deses cliens ; et jamais peut-être aucun de ses confrères ne rem-plit mieux que lui l’idée si intéressante et si noble que Cicérona donnée de l’orateur , un hommç de bien qui a le talent de laparole. L’illustre auteur de celle définition, on plutôt de ce pré-cepte , en fut aussi le plus digne exemple ; et si tous les orateursn’ont pas mérité le même éloge, c’est qu’ils ont ignoré le pou-voir de la vertu pour élever et inspirer le génie.

Cependant, quelque considéré que fût M. de Sacy dans laprofession honorable qu’il exerçait, il se sentait destiné pour un

" Cet éloge fut lu h la réception tic La llurpe, le ïG juin 1776,