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honorable au christianisme : et cependant de quels anathèmes cephilosophe ne serait-il pas l’objet ? on le traiterait comme cepauvre animal de La Fontaine, qui représente en vain à sesmaîtres, qu’il n’est pas plus obligé qu’eux de veiller à la gardede la maison. 1
Son raisonnement pouvait être
Fort bon dans la bouche d’un maître ;
Mais n’étant que d’un simple chien ,
On trouva qu’il ne valait rien (i).
Les passages suivans nous apprendront ce que pensait TabbéGedoyn du mérite de quelques auteurs célèbres de l’antiquité.Après avoir parlé de l’influence de la musique des anciens sur lapoésie, il ajoute : « C’est ce qui me fait croire que nous ne pou-» vonsplus juger de la beauté des odesdePindare ’ ; proposition» qui ne plaira pas aux admirateurs outrés des anciens, mais» qui n’en est pas moins vraie ; car toute poésie qui est faite pour» le chant, et qui ne s’y peut plus mettre, a dès là perdu la» moitié de son prix. Je suis persuadé que Pindare était un grand» poète ; mais c’est sur la foi des écrivains de l’antiquité qui» nous Font donné pour tel, et qui s’y connaissaient bien. Ceux» qui l’admirent aujourd’hui, ne sont que l’écho des anciens.» Leur admiration n’a d’autre fondement que le préjugé. Il faut» toujours être de bonne foi avec soi-même , et ne pas s’imaginer» savoir parfaitement ce que l’on ne peut savoir qu’à demi.
» Il faut convenir, ajoute-t-il dans un autre endroit 3 , quen la poésie lyrique des anciens, soit grecque, soit latine, fait» peu d’impression sur nous : cela vient sans doute de ce qu’étant» jeunes, nous avons pris du goût pour leurs vers hexamètres,» et point du tout pour leurs vers lyriques , dont la mesure et» les règles nous sont peu familières, bien moins encore les» finesses. Par cette raison , l’harmonie des beaux vers d’Homèren et de Yirgile nous plaît infiniment, pendant que ces dithy-» rambes libres et hardis de Pindare , qu’IIorace admirait tant,» ne frappent seulement pas notre oreille, et que nous ne tenons» aucun compte à Horace lui-même de ce que ses odes ont de» plus lyrique. Il n’y a personne qui ne sente qu’en plusieurs» de ses odes il t^voulu imiter Pindare , même par des digres-» sions et des écarts que Quintilien traite d’heureuses hardiesses,» et qu’au contraire en d’autres il ne perd point de vue son» sujet; il est plus juste et moins pindarique : mais au milieum de cette différence la beauté des vers nous échappe.
’ Voyez la fable du Fermier, du Chien et du Renard, liv. XI, fabl. 3 .
* Essai sur l’Education , p. 118,
3 Ibid. p. i\\ et l/| 3 .