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Tome troisième.
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DE GEDOYN. di 5

plus question ici de rapporter ses jugemens , que de les approuverou même de les discuter.

<- Je ne m’accoutume point, dit-il ailleurs, à entendre répéter» si souvent que Descartes nous a appris à penser, comme si» tout ce qui l’a précédé avait raisonné de travers. »

Mais voici la plus violente censure des écrivains de nos jours.« N’est-il pas surprenant que dans Cicéron , où il est traité de» tant de matières différentes, on ne trouve rien que de beau ,» que de sensé , que de bien exprimé , qu’à peine il y ait lieu de» faire une seule bonne critique ; et que de l’autre, dans des dis—» cours prononcés à l’Académie Française , discours d’apparat,« discours d’un demi-quart d’heure , etl’ouvrage d’un mois, il se» trouve tant de pensées fausses, tant d’expressions vicieuses, tant» de choses communes, triviales , et justement répréhensibles? »L’abbé Trublelpensait bien plus avantageusement des haranguesacadémiques ; carila ditquelquepartquelerecueildecesdiscoursest peut-être ce qu’il y a de mieux écrit en notre langue. L’A-cadémie, qui sait parfaitement à quoi s’en tenir sur ce recueil ,pourrait répondre à son censeur et à son panégyriste :

.Qu’elle n’a mérite

Ni cct excès d’honneur, ni cette indignité.

. L’abbé Gedoyn , qui peut-être avait essayé de fÿire des versfrançais , mais qui du moins avait la prudence de les tenir cachés,paraît avoir été de fort mauvaise humeur contre la rime. « Ce» reste, dit-il, d’un goût gothique qui nous plaît tant, est de la» nature du miel, qui, à force d’être doux , bientôt nous dé-» goûte, nous affadit. Comme elle consiste à faire que deux» vers se répondent par une chute, une terminaison semblable,» elle tourne en un défaut de variété, en une espèce d’unifor-» mité ou de monotonie, ou d’éclio, qui, par un mouvement» machinal, fatigue l’oreille, nous ennuie et nous rebute.

« Je suis persuadé, dit-il encore , que toute pièce de théâtre» doit s’écrire en vers, mais en quelle sorte de vers? ce ne de-» vrait être ni en vers alexandrins, vers pesans et nullement» faits pour l’action, ni en vers rimés, qui sont contre toute» vraisemblance ; car les personnages que le poète *met sur la>' scène, ne parlaient point en rimes... On dira qu’ils ne par-» laienl pas plus en vers , et que par la même raison les anciens» 11e devaient pas les faire parler de la sorte.... Cette objection,» toute spécieuse qu’elle est, ne peut faire illusion qu’à ceux» qui n’approfondissent rien. Eu effet, l’art qui imite la nature»■ peut l’embellir, et l'embellit toujours sans la changer ; c'estu précisément ce que taisaient les Grecs dans le tragique et le