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» à son but par des circuits trop longs? son épineuse dialectique» ne fait—elle point de peine au lecteur ? et sa manière de pro-» céder par demandes et par réponses, n’est-elle point un peu» trop uniforme, un peu ennuyeuse? A l’égard de sa morale,» en vérité est-elle comparable à celle du Télémaque de l’il->> lustre archevêque de Cambrai (M. de Fénélon) ? Si cetouvrage» était en grec, et qu’il eût deux mille ans, nous le regarderions" comme un chef-d'œuvre de l’antiquité. Pourquoi transporter» a un philosophe si éloigné de nous, une admiration qui est» due avec plusde justice au grand homme que j’ai déjà nommé,•• et que nous avons vu de nos jours ? Jamais aucun autre écrivain*> n’a pensé si noblement; son Télémaque, dont les principes" sont liés à une religion purement naturelle, est par-là même■> propre à tout lecteur, et sera toujours du goût de quiconque>> en aura pour la vertu. Cicéron, il est vrai, admirait Caton,» et le qualiliait d’homme divin .-c’était avec raison ; il ne con-» naissait rien de meilleur. Les Romains, jusqu’au temps de» Cicéron, n’avaient rien produit que de médiocre ; et lui-même» il ne savait pas qu’en travaillant à imiter le divin Platon , il» parviendrait à l’égaler, si ce n’est à le surpasser. »
Le sévère Aristarque ose même trouver quelque chose à dé-sirer dans Démoslhènes. Il est vrai qu’il lui associe Bourdaloucdans la critique qu’il en fait. De tous les lalens , dit-il , le plusrare est celui de. toucher; il a manqué au plus grand orateur dela Grèce.
Plutarque est le plus maltraité de tous. Il était , selon l’abbéGedoyn , plus savant qu’agréable ; il écrivait pesamment et sansgriice. Ses Hommes illustres sont de tous ses ouvrages le plusestimé; pour ses Traités de morale , ils ont toujours été peu lus ,et la Sagesse de Charron est beaucoup au-dessus , pour qui n’estpoint préoccupé, et sait rendre justice à qui il appartient. Onest étonné que l’abbé Gedoyn ne nomme pas ici Montaigne aulieu de Charron, qui lui est très-inférieur, et dont on a dit quec’était Montaigne attristé ; mais peut-être notre académicienaurait cru faire trop d’honneur à Plutarque, en le comparant àun écrivain tel que Montaigne , sur lequel Charron n’a d’autreavantage que d’avoir été persécuté de son vivant, au lieu queMontaigne n’a été calomnié qu’après sa mort.
Il est vrai (car il ne faut rien dissimuler) que cet hommesi sévère à l’égard des anciens, traite encore plus durement lesmodernes.... On sent , dit-il , en lisant Despréaux , qu’il n’élnitquepoêle , et nullement homme du monde. Aussi l’abbé Gedoynmet-il Despréaux infiniment au-dessous d’Horace, et, ce quiparaîtra fort étrange, au-dessous de Voilure même; mais il est