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Tome troisième.
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ÉLOGE

a réveillé les talens par des sujets plus faits pour les occuper,par l’éloge des grands hommes de la nation. Un écrivain quis’est rendu célèbre dans cette carrière par cinq victoires écla-tantes et consécutives , et qui, par son éloquence et ses vertus ,s’est montré digne de célébrer les héros de la patrie -, a méritéd’avoir des successeurs dignes de lui, et leur a montré d’avancele prix de leur succès dans la place qu’il occupe aujourd’hui sidignement parmi nous ( 2 ).

L’abbé Mongin, vainqueur dans trois concours , fit encore,avec l’applaudissement de la compagnie, un autre essai de sonéloquence ; il prononça, en présence de l’Académie Française ,le panégyrique de S. Louis , dont la chapelle du Louvre retentittous les ans sans avoir jusqu’ici rassasié nos oreilles ; et quoiquede grands orateurs eussent déjà brillé avant lui dans cette chaire ,il eut le mérite de se faire écouter après eux ; sujet heureux etabondant, peut-être inépuisable, quelque rebattu qu’il paraisse ,et qu’on trouvera d’autant plus fécond *, que le génie de l’élo-quence sera plus éclairé par les lumières de la philosophie.

Dans un siècle où les talens trouvaient de l’encouragement etde l’estime , les succès réitérés de l’abbé Mongin reçurent la ré-compense qu’ils méritaient. La maison de Condé le choisit pourl’éducation de deux princes, sa plus chère espérance ; bientôtaprès il obtint une récompense encore plus flatteuse pour lui,parce qu’elle lui était donnée par ses pairs et par ses juges natu-rels, le titre d’académicien. Ce fut en cette qualité qu’il pro-nonça encore dans la chapelle du Louvre, en présence de lacompagnie, l’oraison funèbre de Louis XIV, notre protecteur,de ce prince à qui l’Académie et les lettres avaient tant d’obliga-tion , et qui, dans les temps même de sa vie où il fut le plus sé-vèrement jugé par son peuple, ne cessa jamais de nous etrecher et respectable. Cette oraison funèbre, quoique fort goûtéede la compagnie, qui s’y intéressait particulièrement, et quiétait faite pour en apprécier le mérite, eut le sort de tous lesautres éloges que l’éloquence a consacrés à la mémoire de ceprince; elle fut reçue froidement du public : la nation, mal-heureuse et gémissante depuis vingt années , accusant son roi,avec amertume, des maux qu’elle endurait, ne pouvait plusentendre avec intérêt l’histoire d’un règne qui, après lui avoirparu si glorieux , avait fini par lui paraître trop long. C’est uneleçon triste sans doute, mais peut-être utile pour les rois, d’ob-server ici que ce monarque , tant exalté pendant sa vie, l’idolede ses sujets durant plus d’un demi-siècle , a été célébré apressa mort par les orateurs et les écrivains les plus distingues»

■ p'oya l’article de l’abbe Segui, et les noies sur cet article.